LES BAGUES
QUAND vous posez vos deux mains blanches Sur le clavier harmonieux,
Et, qu’agiles, vos doigts joyeux Font résonner les notes franches,
Pendant qu’ils vont, qu’ils vont encor,
D’un bout à l’autre de la gamme,
Heureux, je regarde la flamme Voltiger à vos bagues d’or.
Dans la clarté qui les caresse,
Légers comme des papillons,
Vos doigts constellés de rayons
Vont au rythme ardent qui les presse ;
Et tandis que chante l’accord Attendrissant à fondre l’âme,
Emu, je regarde la ilamme Ralentir à vos bagnes d’or.
Les Rythmes qui Chantent
Le rythme s’abaisse et s’élève...
Vos doigts vont bien plus doucement...
Et c’est comme un chuchotement...
On dirait le clavier qui rêve...
Tandis que la chanson s’endort Sous vos doigts artistes de femme/ Rêveur, je regarde la flamme Immobile à vos bagues d'or.
Puis, vous demeurez indécise Devant le piano calmé...
Vers moi que vous avez charmé,
Alors, vous approchez, pensive...
Tandis que mon cœur bat si fort, — Réglé sur le vôtre, Madame ! —
J'éteins entre mes mains la flamme Qui scintille à vos bagues d’or...
Romances sans Musique