‹ L'âme solitaireChapitre 103 sur 140 · JALOUSIE · texte numérisé non relu

JALOUSIE

J’AI comme des langueurs d’extase, Quand tes yeux profonds, dans mes yeux, Versent, ainsi qu’un double vase,

Leur breuvage mystérieux.

Quand tu les fixes de leur flamme,

Mes yeux éblouis sont contents ;

Ils sont amoureux de ton âme,

Comme les oiseaux de printemps.

Mais, liélas ! ton âme qui coule D’un regard qui devra finir,

Mon âme, abîme où la nuit croule.

L’aura-t-elle pu contenir ?

S’il en reste une seule goutte Prise au jais filé de tes cils,

Qu'à l’aurore elle tombe toute Sur une fleur chère aux avrils.

Les Rythmes qui Chantent

Afin qu’une abeille la boive,

Et se perdant dans le ciel bleu,

Sans qu’un rayon d’or l’aperçoive, L’apporte au soir du jour à Dieu ;

Puisque, amant de tes yeux de lune Où dort mon rêve le plus doux,

Du Dieu dont s’emplit la nuit brune Je ne puis pas être jaloux !

Romances sans Musique

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