‹ L'âme solitaireChapitre 110 sur 140 · LE JEU DIVIN · texte numérisé non relu

LE JEU DIVIN

A Monsieur le Juge S. Pagnuelo.

Les soirs d’hiver sont longs lorsqu’on est seul et triste. On écoute l'horloge aux tic-tacs palpitants,

De ses petites dents d’acier broyer du temps; î\on moins longue à durer l’heure lente persiste.

Mais le silence induit au pur labeur artiste Quiconque a dans le cœur de beaux rêves chantants, Qu’un mot d’une seconde exprime pour longtemps. Quand a fui l’heure, un peu d’âme enclose subsiste.

Pareil au frais bosquet charmé d’oiseaux divers,

La solitude ailée abonde en rares vers,

Qui, bientôt, peupleront un poème, — leur cage.

Et, par strophes faisant des captifs, l’oiseleur,

Pris aux chansons des voix, ravi par la couleur,

Oublie au jeu divin le jour, la terre et l’âge.

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L’Ame Solitaire

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