VIEUX MISSEL
Très vieux misse] aux pages rudes Où, parfois, le soir tardje lis.
Qu’ont feuilleté les doigts jolis De vierges tendres ou de prudes ;
O vieux missel où le temps dort Pour ne pas te creuser de ride.
Et dont, à peine, l'air humide A pu ternir le fermoir d’or;
O vieux missel où tout est grave Ainsi qu'en une église en deuil.
Où la phrase, au premier coup d’œil, Pour toujours dans l’esprit se grave ;
O vieux missel, garde ce lys Entre tes feuillets : dans son urne Où pleura la brise nocturne,
Deux espoirs sont ensevelis...
L’Ame