LES DEUX CLOCHES
La cloche d'or qui chante et la cloche qui pleure,
La cloche de la vie et celle de la mort
Ont sonné dans l'azur pareil, à la même heure,
Pour celui qui s’éveille et l’autre qui s’endort.
Or, la cloche qui pleure et la cloche qui chante, Celle pleurant : Il part ! celle chantant : Il vient ! Mêlant leur double voix différemment touchante, Mystérieuse et dont toute âme se souvient ;
La cloche gaie et l’autre, en son clocher chacune,
La cloche du baptême et la cloche du glas Ont fondu tellement leurs voix saintes en une, Qu’on n’a plus distingué les : Noël ! des : Hélas !
J’ignore le meilleur de mourir ou de naître,
Ayant pleuré, joui, souffert dans le secret.
Et mon cœur ne peut plus, ô cloches! reconnaître S'il clame son plaisir de vivre, ou son regret.
L’Ame Solitaire