‹ L'âme solitaireChapitre 120 sur 140 · LES DEUX CLOCHES · texte numérisé non relu

LES DEUX CLOCHES

La cloche d'or qui chante et la cloche qui pleure,

La cloche de la vie et celle de la mort

Ont sonné dans l'azur pareil, à la même heure,

Pour celui qui s’éveille et l’autre qui s’endort.

Or, la cloche qui pleure et la cloche qui chante, Celle pleurant : Il part ! celle chantant : Il vient ! Mêlant leur double voix différemment touchante, Mystérieuse et dont toute âme se souvient ;

La cloche gaie et l’autre, en son clocher chacune,

La cloche du baptême et la cloche du glas Ont fondu tellement leurs voix saintes en une, Qu’on n’a plus distingué les : Noël ! des : Hélas !

J’ignore le meilleur de mourir ou de naître,

Ayant pleuré, joui, souffert dans le secret.

Et mon cœur ne peut plus, ô cloches! reconnaître S'il clame son plaisir de vivre, ou son regret.

L’Ame Solitaire

Page 1