‹ L'âme solitaireChapitre 131 sur 140 · L’ÉTERNEL RETOUR · texte numérisé non relu

L’ÉTERNEL RETOUR

DANS l'ombre de la vie errant comme des bêtes,

Les regards envahis par la nuit de leur cœur, Parasites blafards dont se garent les fêles,

Passent les malheureux sans haine et sans rancœur.

Navrés des beaux soleils éclipsés de leurs rêves,

Ils regrettent en vain les vieux jours de clarté;

Et, soldats aspirant aux reposantes trêves,

Ils vont vers les matins où leur âme a chanté...

Souvenir ! souvenir ! dieu des heures lointaines,

Vois tes fervents, malgré les routes incertaines, Venus se prosterner à tes autels chéris ;

Ecoute t’implorer, meurtris par les alarmes,

Ces hommes aux yeux secs comme des puits taris, Dont les intérieurs sanglots n'ont pas de larmes !

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