A MON PÈRE ET A MA MÈRE
A SIR W1LFRID LAURIER
Premier ministre du Canada
Si l’affection filiale ne me faisait un devoir très doux et dont l'exécution fut longtemps rêvée, d’offrir ces premiers essais poétiques à mon père et à ma mère, c’est à vous que j’en ferais hommage.
Sans vous ils seraient peut-être restés épars dans les colonnes des journaux et je ne connaîtrais point le dangereux honneur de les \oir réunis en volume. Que votre modestie me pardonne de dire ici publiquement de votre main droite ce que votre main gauche ignore, et d’y joindre le témoignage de mon admiration et de ma gratitude.
EN regardant le ciel, en poursuivant mon rcve,
Qui vient, fuit et revient comme un flot sur la grève, En voyant un oiseau rayer l’horizon bleu,
Une saison passer en nous disant adieu,
J’écris ces vers, avec pour compagne, à la brune,
Ma lampe, qui me fait de petits clairs de lune,
Ou le matin, l’esprit reposé du sommeil,
Lorsque par ma croisée entre un peu de soleil.
J’écoute aller le temps de sa marche éternelle,
Et je le suis comme un oiseau blessé d’une aile.
Je songe à mon amie et je chante, tout bas,
Sachant ainsi qu’Arvers, qu'on ne comprendrait pas...