VESPÉRALES
COMME sont morts les preux, clans la gloire et le sang, Au soir du jour frappés au cœur d’un fer puissant,
Le soleil, chevalier bardé d’or qui s’irise,
Dans le champ de l’azur, tout sanglant, agonise.
De son sein, a longs flots jaillit la pourpre en feu,
Qui coule, se propage et s’épand dans le bleu Comme un golfe profond que le soir violette,
En avançant à pas lents d’ombre qui halète.
Tout la-bas, un petit nuage rose court,
Flocon que fouette un vent dans le ciel qu’il parcourt j Tandis qu’à l'Occident s’efface la féerie,
Le soir sur elle ayant tiré sa draperie...
La Chanson des Heures
C’est le soir. Au jardin nulle aile ne voltige.
Chaque fleur endormie est droite sur sa tige.
Les grillons sont muets, sous les herbes tapis,
Et les vents fatigués semblent tous assoupis.
Même la brise au souffle à peine perceptible Qui fait frémir la feuille à la branche flexible, Sommeille, et l’onde fraîche est tranquille au bassin Où le jour les oiseaux vont boire, par essaim. Précédant le lever des étoiles, la lune Apparaît pleine et pâle au fond de l'ombre brune,
Et du calme jardin qui soudainement luit,
En lent parfum s'élève et plane dans la nuit.
Veilles du Jour et de la Nuit