‹ L'âme solitaireChapitre 4 sur 140 · L’ATTENTE · texte numérisé non relu

L’ATTENTE

Mon cœur est maintenant ouvert comme une porte.

Il vous attend, ma Bien-Aimée : y viendrez-vous?

Que vous veniez demain ou plus tard, que m’importe ! Le jour, lointain ou proche, en sera-t-il moins doux?

Ce n’est point un vain mal que celui de l’attente ;

Il conserve nouveau le plus ancien désir.

L’inattendu bonheur dont la venue enchante Passe ; à peine en a-t-on su goûter le plaisir,

Et l’on s'en va criant l’inanité des choses,

Pour ne s’ètre jamais aux choses préparé :

Insensé, qui repousse un frais bouquet de roses. Accusant le parfum qu'il n’a pas respiré.

Les Heures d’ Amour

Une heure seulement de pure jouissance.

Pourvu que Dieu m'accorde un quart de siècle entier De rêve intérieur et de jeune espérance,

Pour méditer sur elle et pour l’étudier,

Pour ordonner l’instant et régler la seconde,

Pour que rien ne se perde et que tout soit joui Jusqu’à la moindre miette, et que le temps du monde S’envole, n’emportant que de l’évanoui !

Une heure suffira. J’aurai vécu ma vie Aussi pleine qu'un fleuve au large de son cours. L'ayant d’une heure, mieux que de jours fous, emplie ; D'une heure, essence et fruit substantiel des jours !

Mon cœur est maintenant ouvert comme une porte.

11 vous attend, ma Bien-Aimée: y viendrez-vous P (lue vous veniez demain ou plus tard, il n’importe ! Mon attente d’amour fera de telle sorte

Que mon lointain bonheur en deviendra plus doux.

Le Désir

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