LA CHUTE
LE soleil, en l'azur d’un ciel pur et nouveau Dont le bleu printanier de lumière ruisselle,
Monte royalement, et sa vaste étincelle
Allume un feu de joie au fond des tlacpies d’eau.
La neige amoncelée au toit luisant et liant,
Où s’épand longuement la flamme universelle, S'affaisse, se dissout, et, parcelle à parcelle.
Tombe et coule au trottoir qui la glisse au ruisseau.
Alors, de sa blancheur magnifique déchue.
Selon la pente et le caprice de la rue,
Elle va se mêlant et se souillant à tout.
Mais, parfois, un rayon, quand le soleil se couche, Comme pris de pitié généreuse, la touche,
Et c’est de pourpre et d’or qu’elle roule à l’égout.
La Chanson des Mois