FLORE
AVANT que la saison brève se décolore,
Oh ! qui me donnera des roses par monceaux !
Et des lys ! pour bâtir, sur de sveltes arceaux.
Un vivant piédestal à tes splendeurs, ô Flore!
Leurs arômes derniers, pénétrants et si doux. Monteraient de leurs cœurs en odorante brume, Comme des encensoirs l’àme ardente qui fume, Déroulant sa spirale enivrante sur nous.
Toi qui fais de la terre un jardin, ô Déesse Des roses et des lys et de toutes les fleurs,
Parfumant notre joie, embaumant nos douleurs De la vie à la mort, exquise Enchanteresse,
Mon âme est un jardin où sont ensevelis Des pétales séchés sous des ronces moroses :
Prends pitié d'elle, ô Reine, et que tes grâces roses Y fassent refleurir des roses et des lys !
Veilles du Jour et de la Nuit