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A L’ÉTÉ

BEL Été, mùrisseur de fruits délicieux,*

Qui, sur l’or des rayons brûlants, descends des deux Jaunir les jeunes blés du monde,

Sois propice aux moissons qui frémissent au loin,

Et que ton vent chargé d’une odeur de sainfoin Leur porte et leur partage l'onde.

Aux troupeaux somnolents qui ruminent, couchés A la lisière d'ombre où des arbres penchés Adoucissent l'heure accablante.

Ménage l'herbe tendre et fais qu’à l’abreuvoir Abonde l'eau luisante, où se mire le soir La grande lune bleue et lente.

Dispense également ta chaleur aux champs blonds; Que la gerbe fourmille au gré des bras féconds,

Nus sous l’ardent soleil qui brûle ;

Que tous les paysans qui travaillent, hâlés S'en retournent joyeux, au repos appelés,

Chantant clair dans le crépuscule.

La Chanson des Mois

Etc, sois bon surtout aux hommes. Garde-leur,

Pour que leur sang soit jeune et bouillant, ta chaleur :

Épargne-leur tes folles fièvres,

Afin qu'ils n'aillent pas, pleurant leurs vains cfforls. Irrésistiblement se brûler âme et corps

Aux feux mortels des belles lèvres !

Veitlcs du Jour et de la Nuit

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