‹ L'âme solitaireChapitre 64 sur 140 · GLAS D’AUTOMNE · texte numérisé non relu

GLAS D’AUTOMNE

LES râles réguliers des vents froids dans les arbres Semblent, quand vient le soir, plus tristes et plus las...

Je songe à tous les morts endormis sous les marbres Pour qui Novembre en deuil recommence les glas.

Quand vient le soir, plus doux, plus tristes et plus las.

Nos cœurs baignés de pleurs comme à l'aube les arbres,

Sont des cloches d’argent sonnant de graves glas

Pour tous les pauvres morts dormant au champ des marbres I

Le vent qui courbe à peine, en les heurtant, les arbres.

Les a soudain brisés, eux qui n’étaient point las...

Je songe aux tristes morts oubliés sous les marbres,

Dont le souvenir fut plus bref, hélas ! qu’un glas !

Libératrice dont le bras n’est jamais las,

Assez de fois j’ai vu se dépouiller les arbres;

O mort ! emporte-moi, si mon funèbre glas

Doit frapper à des cœurs plus muets que les marbres !

La Chanson des Mois

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LA BONÎNE SAISON

LES oiseaux sont partis et les feuilles sont mortes. Seul, le saule persisie en son ombrage encor...

Au sifflement aigu de la bise qui mord,

Le citadin frileux clôt avec soin ses portes.

Narguant le vent d'automne et ses contraintes fortes, Qu’on est bien près du poêle, où bientôt l’on s’endort Regardant les tisons flamber, de pourpre et d’or!

Il semble qu'on soit plein d’aises de toutes sortes!

C’est alors qu’on chérit la morose saison Qui fait goûter le charme exquis de la maison,

De la lampe, du livre et du sommeil tranquille...

Et qui fait oublier le doux plaisir du feu,

Lorsqu’on voit en novembre, incroyablement bleu,

Un beau ciel de printemps s’arrondir sur la ville !

Veilles du Jour et de la Nuit

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