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MA VITRE

A Louvigny de Montigny.

LE soleil sur la neige éclate, sans la fondre.

Mais la vitre où le gel a ciselé des fleurs.

Perd son relief nacré sous l’effet des chaleurs ;

Tiges et fleurs bientôt ne peuvent correspondre.

Tout s’imprécise et se dissout pour se confondre.

Car le givre n’a plus ses neigeuses pâleurs ;

Comme une feuille d’eau mince il s’écoule en pleurs, Ou, glissant par fragments translucides, s’effondre.

Tout au bas de la vitre, une bordure luit ;

Une goutte descend, une goutte la suit ;

L’humide ourlet, gonflé d’eau successive, crève...

Dans l’âme humaine, ainsi toujours se résoudra En eau vaine la joie éphémère du rêve,

Que l’éternel espoir demain refleurira 1

La Chanson des Mois

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