LES MAINS MUSICIENNES
A Mademoiselle Blanche Hardy.
OH ! les grâces patriciennes Des belles mains musiciennes Sur les claviers de clair ivoire !
Des belles mains impérieuses Qui vont, fines et sérieuses,
De la note blanche à la noire !
Qui vont souvent en gestes vagues, Que nimbent les éclats des bagues, Réveiller les gammes muettes,
Et leur faire chanter des choses Que retiennent les lèvres closes Des amantes et des poètes !
Les Rythmes qui Chantent
Les belles mains ingénieuses Qui traduisent, harmonieuses*,
En rythmes sonores et tendres.
Les amours dont les âmes rêvent.
Et comme des vents les soulèvent
Pour les laisser tomber en cendres !
Les belles mains que ma tendresse, En un vol de baisers, caresse De la note blanche à la noire,
Sans que jamais, hélas! ma bouche Ne les effleure ni les touche.
Tant vite elles vont sur l’ivoire !
La Chanson des Autres