A UNE VALSEUSE
PENDANT que vous valsez, belle, gaie et légère Dans les bras du premier venu,
Et que vous acceptez l’étreinte passagère D’un étranger, d’un inconnu,
Vous la femme si bonne et la vierge si pure Ignorant tout du sombre mal,
Vous subissez, modeste et douce, la souillure Des désirs qu’avive le bal.
Et sans en rien savoir, livrée à la cadence.
Vous ne sentez pas que des bras Vous possèdent bien plus [que n’exige la danse ; Vous valsez et ne pensez pas.
Mais moi qui vous adore et tremble de le dire. Qui vous aime comme de loin,
Qui connais la vertu de votre cher sourire.
Hélas ! moi qui ne danse point,
La Chanson des Autres
Je ne mérite pas cette faveur insigne De presser vos petits doigts blancs,
Et je n ai pas le droit, moi l'ami trop indigne, Qu'a le dernier de vos galants...
Valsez, charmante fée aux jolis pieds agiles, Qu’on se repasse tour à tour Comme ces fins bijoux délicats et fragiles Qu’on admire et qu’on aime... un jour!
Les Rythmes qui Chantent