‹ L'âme solitaireChapitre 92 sur 140 · BALLADE DES PETITS POÈTES · texte numérisé non relu

BALLADE DES PETITS POÈTES

QUAND ils s’en vont les bras ballants, L’œil morne et le front vers la terre, Tout pleins d'un douloureux mystère, Les gestes longs et les pas lents ;

Qu’ils disent en des voix muettes,

Par de bons regards assombris,

Qu’ils sont jusqu’à l’âme meurtris, Croyez-les toujours, les poètes !

Quand ils s’en vont vifs, insolents, Ahuris du bruit planétaire,

Cherchant un endroit solitaire Pour y rêver leurs rêves blancs ; Quand, heurtant vos côtes replètes,

Ils vous disent, les yeux aigris,

Qu’ils en ont assez de vos cris, Croyez-les encor, les poètes 1

Les Rythmes qui Chantent

Quand ils s'en vont tiers, pétillants, Le sang battant chaud dans l'artère, Et qu’incapables de se taire,

La lèvre en feu, les yeux brillants, Ils vous disent, en phrases nettes, Qu’ils ont des poèmes écrits Dignes d’étonner tout Paris,

Croyez rarement les poètes !

Envoi

Mais, lorsqu’à vos pieds, attendris, Ils vous jurent, beautés parfaites.

Grand amour d’artiste incompris.

Ne croyez jamais les poètes !

Romances sans Musique

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