‹ L'âme solitaireChapitre 93 sur 140 · LE DÉPART · texte numérisé non relu

LE DÉPART

JE sens mon âme qui palpite Comme en son nid le jeune oiseau,

Mon âme petite, petite,

Sous qui ne plierait pas le plus souple roseau

Oui, je la sens, la toute frêle,

Se mouvoir sur un duvet doux.

Soudain confiante en son aile Se soulevant un peu pour s’envoler vers vous.

Mais l’espace est vaste, elle hésite ;

Elle est si mignonne, elle a peur;

Sur le bord du nid, la petite Frissonne de faiblesse et tremble de stupeur...

Que votre tendresse la garde :

Elle est partie et pour toujours !

Car c’est vers vous qu’elle regarde, Prisonnière des nuits en route vers les jours !

Les Rythmes qui Chantent

AYEU FLEURI

Si chaque fleur était une parole,

Un mot fleuri du langage d’amour ;

Dût chaque fleur ne croître qu’un seul jour Et dût le soir faner toute corolle ;

Je n’en voudrais, dans mon petit jardin, Soigner que trois tout le jour, les plus belles, Leur épargnant les bourrasques rebelles Et les gardant du soleil trop soudain.

Je cueillerais, plein d’une joie extrême,

Avant le soir, mes fleurs, timide amant.

Et vous liriez, j’espère, tendrement,

Ma phrase unique et simple : Je vous aime !

Romances sans Musique

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