CONFIDENCES
Pourquoi je ris P demandez-vous,
Aussi rieuse que moi-mème :
Je ris parce que je vous aime Et mon rire est l’aveu très gai de mon cœur doux.
Puissé-je rire ainsi sans trêve Du rire attendri des amours Bonnes longuement, et toujours Rire en voyant devant mes yeux rire mon rêve !
Croyez-moi : je ne pense pas ;
Je sens, je frissonne et j’adore.
Je suis comme une eau que des pas Feraient frémir, sur qui s'est posée une aurore.
Je suis comme un petit oiseau Longtemps familier de la brume,
Et qui sent couler sur sa plume Votre regard de vent, de soleil, d’ombre et d’eau.
Les Rythmes qui Chantent
Ecoutez-moi : je vous demande D’abaisser vos. paupières sur Vos yeux dont s'est foncé l’azur ;
Ils me troublent, vos chers yeux taillés en amande.
Ils me brûlent, quoique très doux.
Vos yeux qui luisent de trop d’ombre.
Et je crains leur lumière sombre,
Gomme un enfant malade, en songe, a peur des loups.
Encore un mot, à voix très basse :
Abandonnez-moi votre main Un peu plus longtemps, dès demain.
Et demeurons ainsi sans penser que tout passe.
Ainsi ; pas plus, malgré le cœur,
Grand imprudent par habitude ;
A mi-chemin la quiétude
Chante, et c’est ni trop loin ni trop près du bonheur.
Romances sans Musique