VESPÉRALES
COMME sont morts les Preux, dans la gloire et le seng. Au soir du jour frappés au cœur d'un fer Puissant, Le soleil, chevalier bardé d’or qui s'irise, Dans le champ de l'azur, tout sanglant, agonise. De son sein, à longs flots jaillit In Pourpre en feu, Qui coule, se propage et s’épand dans le bleu Comme un golfe profond que le soir violette, En avançant à pas lents d'ombre qui halèt-.
Tout là-bas, un petit nuage rose court, Flocon que fouette un vent dans le ciel qu'il parcourt ; Tandis qu’à l'Occident s'efface la fégrie, Le soir sur elle ayant tiré sa draperir
semblent la brise au souffle à peine
Same le fouille à l, branche lente Sommeille, et l'onde fraîche est tranquille au bassin Où le jour les oiseg À À a
Veilles du jour et de la Nuit — ns
LE soir mélodieux chante dans los pins sombres Dont les larges bras noirs battent les fraiches ombres. Le ciel s’est étoilé lentement. La forst
|! Voit mille yeux bleus s'ouvrir sur son dôme discret, 1 Et, sur le sol moelleux que vêt Ia feuille brune,
Hi Luire de fins rayons et des flaques de lune.
Parfois vibre un bruit d’aile, et furtif, égaré,
Un oiseau somnambule apparait, effaré.
Le soirtendreen chantant, doux comme une âme blanche, B. ise et fait frissonner chaque nid sur la branche. C'est grand comme la nuit et frais comme elle encor. Et je songe à Vigny, quand éclate le cor !
La Chanson des Heures 66
JJ
Comme les Papillons nocturnes par milliers.
Lourds encor du sommeil dont leurs ailes sont pleines, Ils montent incertains vers les lueurs sereines
Et disparaissent. Puis, d’autres essaims bientôt
La lune a Mauvais teint ce soir, la lune est jaune. Elle ne charmera pas cette nuit le fu. ine
seront déçus.
Les oiseaux familiers blottis dans les ténèbres, À sa clarté n'auront que des songes funèbres.
56 Voilles du dur et de ia Nuit
Ah ! Madame la Lune, avec vos traits flétris
Vous ne réjouires que les chauves-souris !
Mais pout-être aurez-
On kale nous pouvons nous lamenter un pou Quand tu pleures, si haut, nous, si loin du ciel bleu 1.
De petites mouches de flamme Semblent jaillir des noires sou rcos En resplendissants rayons d'âme ;
C'est que, dans les reflets d'étoiles, Traçant sur l’eau des auréoles, Comme des flaments de voiles En feu, passent les lucioles.
Puis, soudain, surgissent du sombre Comme de lumineux atomes,
Brillantes des clartés de lune, Blanches des éclats de lumière Que leurs ailes font dans Ia brune Dont s'enveloppe la clairière.
Veilles du Jour et de la Nuit
L'œil suit leurs vives arabesques, Leur capricieuse volée :
Zigzags d'éclairs d'or pittoresques, Clairs flocons de lumière ailée.
Et longtemps, sans lasser leurs ailes, Eprises de courses frivoles,
Le long des heures solennelles Passent les blondes lucioles.
La Chanson des Heures 59