‹ L'âme solitaire [microforme]Chapitre 34 sur 107 · A L'ÉTÉ · texte numérisé non relu

A L'ÉTÉ

BEL Été, mürisseur de fruits délicieux,

Qui, sur Tor des rayons brülanis, descends des cieux Jaunir les jeunes blés du monde,

Sois propicé aux moissons qui frémissent au loin,

Et que ton vent chargé d'une odeur de sainfoin Leur porte et leur partage l'onde,

Aux troupeaux somnolents qui ruminent, couchés A la lisière‘ d’ombre où des arbres penchés Adoucissent l'heure accablante, Ménage l’herbe tendre et fais qu’à l’abreuvoir Abonde l'eau luisante, où se mire le soir La grande lune bleue et lente.

Dispense également ta chaleur aux champs blonds : Que la gerbe fourmille au gré des bras féconds, Nus sous l’ardent soleil qui brûle ; +

Chantant clair dans le crépuscule.

— — — — Fü

Eté, sois bon surtout aux hommes. Garde-leur, Pour que leur sang soit jeune et bouillant, ta Chaleur : Épargne-leur tes folles fièvres, Afn qu'ils n'aillent pas, Pleurant leurs vains efforts, - Irrésistiblement se brûler âme et corps Aux feux mortels des belles lèvres !

84 Veilles du Jour et de la Nuit

La Chanson des Mois r

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