‹ L'âme solitaire [microforme]Chapitre 35 sur 107 · L'ÉTÉ DES ARBRES · texte numérisé non relu

L'ÉTÉ DES ARBRES

C'EST Ia fin de l'été. Ployant sous les fruits muͤrs, Les arbres qu'a gardés l'enceinte des vieux murs

Ils auront bien rempli leur tâche, ayant flenri La fleur, veillé le fruit jeune, l'ayant-nourri

zeil,

Chers arbres, qui toujours faites votre devoir, Lorsque vous serez vieux et près de votre soir,

Rongés des insectes tauvages,

88 Veilles du Jour et de la uit

Tour —— lumineusement.

Sur les gravois des toits qui penchent

Les rayohs à grands flots s'épanchent, Poudrés d'or et de diamant.

Des pigeons gris aux pattes roses Roucoulent, et se rengorgeant, Etalent en toutes les poses

Leurs cols moirés d'iris changeant.

Imitant le ruisseau dans l'herbe, Sur l’azur vif un petit vent

De fumée apparaît souvent En ondulation superbe...

Des clochers longs montent en l'air ; Des arbres, bercés par la brise, Sur un mur de soleil tout clair Balancent leur fine ombre grise.

Et loin, jusqu'au bout du regard, Des toits bas, des toits hauts se pressent,

Comme des VRgUes qui s’abaissent Et s'élèvent de toute part.

Et sans répit, droit sur les êtres a

Pleuvent Jes violents rayons 5 Dont s'éblouissent es fenêtres, = Qui semblent les yeux des malsons.

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