GLAS D'AUTOMNE
LES râles réguliers des vents froids dans les arbres Semblent, quand vient le soir, plus tristes et plus 748. Je songe à toys les morts endormis sous les marbres Pour qui Novembre en deuil recommence les glas.
Quand vient le soir, plus doux, plus tristes et plus las, Nos cœurs baignés de pleurs comme à l'aube les arbres, Sont des cloches d’argent sonnant de graves glas
Pour tous les pauvres morts dormant au champ des marbres !
Le vent qui courbe à peine, en les heurtant, les arbres, Les a soudain brisés, eux qui n'étaient point las.
Je songe aux tristes morts oubliés sous les marbres, Dont le souvenir fut plus bref, hélas ! qu'un glas
Libératrice dont le bras n’est jamais las,
Assez de fois j'ai vu se dépouiller les arbres ; „ xt ! emporte- moi, si mon funèbre glas
Luit frapper à des cœurs plus muets que les marbres !