‹ L'âme solitaire [microforme]Chapitre 66 sur 107 · ROMANCES SANS MUSIQUE · texte numérisé non relu

ROMANCES SANS MUSIQUE

BALLADE DES PETITS POËr ES

QUAND ils s'en vont les bras ballants, L'œil morne et le front vers la terre, Tout pleins d’un douloureux mystère, Les gostes longs et les pes lents ; Qu'ils disent en des voix muettes,

Par de bons regards assombris,

Qu'ils sont jusqu’à l’âme meurtris, Croyes-les toujours, les poètes !

Quand ils s'en vont vifs, insolents, Ahuris du bruit planétaire, Cherchant un endroit solitaire Pour y rêver leurs rêves blancs ; Quand, heurtant vos côtes replètes, ls vous disent, les yeux aigris, Qu'ils en ont assez de vos cris, Croyez-les encor, les poètes ;

152 Les Rythmes qui Chantent

Quand ils s'en vont fiers, pétillants, Le sang battant chaud dans l'artère, Et qu’incapables de se taire,

La lèvre en feu, les yeux brillants, Ile vous disent, en phrases nettes, Qu'ils ont des poèmes écrits

Dignes d'étonner tout Paris,

Croyes rarement les poètes !

Mais, lofsqu'à vos pièds, attendris, Ils vous jurent, beautés parfaites, Grand amour d'artiste

Ne croyez jamais les poètes !

per Î |

154 Les Rythmes qui Chantent

Page 1