‹ L'âme solitaire [microforme]Chapitre 67 sur 107 · AVEU FLEURI · texte numérisé non relu

AVEU FLEURI

Si chaque fleur. était une parole.

Un mot fleuri du langage d'amour;

Dût chaque fleur ne croître qu'un seul jour Et dût le soir faner toute corolle ;

Je n’en voudrais, dans mon petit jardin, Soigner que trois tout le jour, les plus belles, Leur épargnant les bourrasques rebelles

Et les gardant du soleil trop soudain.

Je cueillerais, plein d'une joie extrème, Avant le soir, mes fleurs, timide amant,

Et vous liriez, j'espère, tendrement,

Ma phrase unique et simple: Je vous aime !

Je suis comme un petit oiseau Longtemps familier de la brume, Et qui sent couler sur sa plume

Votre regard de vent, de soleil, d'ombre et d’eau.

156 Les Rythmes qui Ghantent

Ecouter- mol: je vous demande D'abaisser vos paupières sur Vos yeux dont s’est foncé l’azur ;

Ils me troublent, vos chers yeux taillés. en amande.

lis me brûlent, quoique très doux, Vos yeux qui luisent de trop d'ombre, Et je crains leur lumière sombre, Comme un enfant malade, en songe, à peur des loups.

El, ore un mot, à voix très basse :

Abandonnez-moi votre main

Un peu plus longtemps, dès demain, Et demeurons ainsi sans penser que tout passe.

Ainsi ; pas plus, malgré le cœur, Grand imprudent per habitude; A mi-chemin la quiétude Chante, et c’est ni trop loin ni trop près du bonheur.

Romances sans. Musique 87

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