‹ L'âme solitaire [microforme]Chapitre 7 sur 107 · LE SECRET DES YEUX · texte numérisé non relu

LE SECRET DES YEUX

SI j'aime à regarder vos beaux yeux d’indulgence,

Vos yeux sombres qu'éclaire un feu d'intelligence, Si parfois J'exagère et, jusqu'à vous gêner,

Ah ! ne m'en veuillez Pas, c'est pur amour d'artiste ! Entre deux rangs de cils, j’ai trouvé la beauté !

Dans l'ombre, comme au ciel, j'ai trouvé la clarté ! Les papillons obscurs en rond volent aux lampes ; Homme, je cherche la lumière auprès des tempes, Dans les yeux doux, pleins de sourire ou de langueur, Où pe: t-être, à la fin, j'aurai brûté mon cœur I.

Je ne vois jamais rien dans vos Yeux de précis,

U y flotte du rêve à l'état indécis.

Comme un plongeur, sous l'onde immense qui déferle, Hasarde tous ses jours pour trouver une perle,

Oh! le rare. joyau, mystérieux, hélas |

Se promettant toujours et ne se donnant pas | Et qui, lorsqu'on l'a cru saisir avec Prudence, Trompe l'attention et trahit l'évidence !

Vous lisez tous les vers que j'écris, en pensant :

Hélas ! où suis-je, moi, si c’est Id ce qu'il sent o

Jai les Jeux bleus: ils sont gris ou noirs céux qu'il chante. — Vous devenez beaucoup jalouse, un peu méchante, Pour ne Pas me valoir le titre d'ennuyeux,

Il me faut bien changer la Couleur de vos Yeux,

ferle,

Et, surtout, pour sembler un poète savant, Revêtir tour à tour toutes les sortes d' Ames. Les poètes si doux font bien souffrir les femmes.

Vos yeux... Je sera vos yeux sans achever :

Fort d’un si g ad amour on ose tout braver.

Vos mains... Je Presserai vos mains musiciennes, in vous ne pourrez pes les retirer dei niennes. Vos lèvres. A mon goût j'en boirai le bon vin, Et votre effort à les détourner sera vain.

Vous souriez. mon amour, que j’achève :

Dites, que pouvez-vous faire contre mon rêve 5.

JE la verrai venir, rose d'un peu de fièvre,

Son cœur tendre, son cœur virginal et si franc, Comprendra mieux ue moi ce que je veux lui dire Et lui fera monter à la lèvre un sourire

| „ | Je ne lui dirais pés : Bones mel vos mains blanches :

Commeles yeux, les mai ne goht pas toujours franches ; Je ne mendierais pas non plus, grave ou Joyeux,

La chaste volupté de lui baiser les yeux;

Peut-être qu'en leur rv une autre image existe

Peut-être que souvent y chante un autre nom :

Mais, cherchant une Place où plus de candeur brille, Où s'épanouit tout en blanc la jeune fille,

Je lui sourirais, comme à quelque enfant charmant, Et je la baiserais au front, tout simplement.

Le sort en est jeté, le sort irrévocable |

Je romprai ce silence étrange qui m’accable !

Enfin, je lui dirai : Je vous adore ! Oui,

Je vous adore ! Au fond de mon cœur ébloui Resplendit, comme au mur d'un temple, votre image ! Vous êtes la Déesse à qui je rends hommage.

16 Les Heures d'Amour —

La nuit, en chaque rêve, à Chaque instant, le jour Comme un encens vers vous monte mon Pur amour! Je vous adore, chère ! et puis, je vous adore!

Ton regard est un ciel, ton sourire une aurore l

— Elle est venue hier et, timide, interdit,

Comme ivre de son charme, hélas | je n'ai rien dit,

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