SILENCE
L'HEURE coulait comme un ruisseau, vive et divine, Sous les arbres feuillus où tous deux nous révions ; Et comme font les vrais amants, nous écoutions Tout ce qui dans nos yeux attendris se devine.
Les mots ne rendent Pas tout ce qu’on imagine. Depuis que l’homme souffre en proie aux passions, Ils trahissent, los mots; et nous, qui le savions, Nous gardions le silence où l'amour grave incline...
Si nous pouvions. ainsi, jusqu’au bout du chemin, Nous dire nos secrets d'un pressement de main,
Nos peines d'un regard, nos bonheurs d'un sourire...
Et nous passer des mots, infidèles, petits, Qu'on désavoue, à peine aussitôt qu'ils sont dits, — Comme ceux-là qu'ici, pour vous, je viens d'écrire !
— de
suivant qu’un jour est mort,
re amour à leur sort ?
“ais ne es répètent
des Ames qu’ils reflètent :
‘ils se sont
rt,
Je l'aime et le lui dis toujours en mêmes mots,
Avec de vicux frissons loujours, toujours nouveaux.
Mon cœur changeant, pour elle est demeuré le meme;
C'est mon ancienne voix qui lui dit que je l'aime; Et de l'accueil heureux le baiser coutumier,
O mystère d'amour ! est toujours le premier 1.
Ma pauvre âme blasée aux choses de la vie,
Dès que je la revois, en 41 toute ravie !
C’est elle qu'en mon rêve attendri j'acclamais :
Et celle-là qui m’est si douce, et plus encore, Celle-là que d’un Cœur toujours jeune j'adore, . Je ne l'aurai peut-être à moi, jamais, jamais .