LA BONNE SOUF FRANCE
OH ! la bonne douleur qui nous fait l'âme forte ! Quelle paix bienheureuse et durable elle apporte, Comme un vage de miel rempli jusques au bord, Pour endormir le mal qu'elle engendra d'abord !
C'est dans le feu sacré de sa divine forge,
Malgré nos pleurs honteux, nos cris à pleine gorge, Qu'elle assouplit, redresse, éprouve le métal
De notre âme, et le fait luisant comme un cristal ! Nous croyons que la vie, à ses coups, nous échappe, Lorsque pour nous la rendre immortelle, elle frappe ! A notre être, il adhère encor de l'animal .
Si fortement, qu ii faut bien qu'on nous fasse. mal, Jusqu'à sembler parfois ni: de sa chair exsangue, Mais tel qu'un diamant libéré de sa gangue !
Comme une épée ardente on un étroit fourreau, Désire que la main du juste ou du bourreau
La fasse tournoyer dans l'air, brillante et libre, Loin de la gaine sombré en laquélle elle vibre,
L'Ame 2cb
J ee ee
En nos corps, l'âme aspire à l’azur libre et frais ; Mais seule, olle ne Peut briser le mur épais
Du cachot qui, jaloux, Ia retient prisounière, Morne et désespérée et loin de la lumière !
Alors, la Douleur vient frapper à la prison, Ebranle les barreaux, s’acharne à la cloison
Par où, bientôt, s’infiltre une céleste brise, Jusqu'à ce que d'un COUP suprême, elle la brise !
Si la chair a souffert, l'âme a la liberté Et prend possession de son éternité.
Ah
206 Lame Solitaire