‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 10 sur 137 · L'AVEU · texte numérisé non relu

L'AVEU

Je la verrai venir, rose d'un peu de fièvre.

Un Ion}; baiser tout prêt sur le bord de sa lèvre.

Elle n'aura de mots d'amour que dans les yeux.

Ses aveux les plus doux seront silencieux.

Je lui dirai combien sont durs les jours d attente.

Et combien sa démarche onduleuso et flottante

Lcnlemont me l'amène et tôt me la reprend.

Son cœur tondre, son ctPur virginal et si franc.

Comprendra mieux que moi ce que je veux lui dire

Et lui fera monter à la lèvre un sourire

Si plein de candeur blanche et de rêve sacré.

Que de la voir si pure à moi, je pleurerai...

Le Désir

Je ne lui dirais pas : Donnez-moi vos mains blanches : Comme les jeux, les mains ne sont pas toujours franches ; Je ne mendierais pas non plus, jçrave ou joyeux, La chaste volupté de lui baiser les yeux ; Peiil-ôlre qu'en leur rêve une autre image existe Dont la chaude douceur dans le sommeil persiste ; Je n'effleurerais pas ses fines lèvres, non : Peut-être que souvent y chante un 9utre nom ; Mais, cherchant une place où plus de candeur brille. Où s'épanouit tout en blanc la jeune (îlle. Je lui sourirais, comme à quelque enfant charmant. Et je la baiserais au front, tout simplement.

Le sort en est jeté, le sort irrévocable 1

Je romprai ce silence étrange qui m'accable l

Enfin, je lui dirai : Je vous adore ! Oui,

Je vous adore ! Au fond de mon cœur ébloui

Resplendit, comme au mur d'un temple, votre image

Vous êtes la Déesse à qui je rends hommage.

i6 Les Heures d'Amour

La nuit, en chaque rêve, à chaque instant, le jour,

Comme un encens vers vous monte mon pur amour î

Je vous adore, chère, et puis, je vous adore !

Ton regard est un ciel, ton sourire une aurore !...

— Elle est venue hier et, timide, interdit,

Comme ivre de son charme, hélas ! je n'ai rien dit.

Le Désir

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