‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 114 sur 137 · JOACHIM DU BELLAY · texte numérisé non relu

JOACHIM DU BELLAY

THISTE, parmi l'orgueil des monuments romains. Tu n'eus qu'un seul désir : revoir le ciel de France. Tu disais tes regrets et ta grande souffrance A Baïf, à Ronsard, qui te tendaient les mains.

Tout te blessait là-bas : les palais, les chemins. L'éclat du ciel trop beau sur ta désespérance ; Tu ne voyais de bien que dans la délivrance : En la Ville Etemelle exilé des humains !

Ah ! ton Anjou n'avait pas les splendeurs de Rome ! Comme il était plus doux à ton pauvre cœur d'homme, Avec ses bords de Loire oii tes pas ont erré !..

Je te vois, quand la nuit semait d'astres le Tibre, Seul dans l'ombre, enviant la créature libre. L'âme et les yeux tournés vers ton petit Lire !

Les Livres 191

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