A BAUDELAIRE
Baudelaire, chrétien sous des dehors pervers, Tourmenté des démons dont parle l'Ecriture, Démontrant l'Idéal devant la pourriture.
Vouant l'âme à l'azur, la chair lubrique aux vers
Grand Voyageur qui fis le tour de l'Univers
Pour y voir le Péché maître de la nature.
Qui pleuras de dégoût sur toute créature
Ces larmes de ton cœur, purs diamants, tes vers !
Distillateur subtil de parfums lourds. Artiste! Des libres mots français sublime symphoniste, Magicien parfait de l'artificiel ;
Génial peintre épris de couleurs violentes, Qui fis surgir du vin les Querelles sanglantes, A travers ton enfer je découvre le ciel !
Les Livres 193
A Emile NELLIGAN
Tu montais radieux dans la grande lumière, Enivré d'idéal, éperdu de beauté.
D'un meneilleux essor de force et de fierté. Fuyant avec dédain la route coutumière.
Tu montais emporté par ton ardeur première. Battant d'un vol géant la haute immensité. Et là. tout près d'atteindre à ton éternité. Tu planais, triste et beau, dans la clarté plénièrc.
Mesurant du regard le vaste espace bleu. Tu sentis la fatigue envahir peu à peu La précoce vigueur de tes ailes sublimes.
Alors, fermant ton vol largement déployé, O destin! tu tombas d'abimes en abimes. Comme un aigle royal en plein ciel foudroyé !