‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 12 sur 137 · SILENCE · texte numérisé non relu

SILENCE

L'HEURE^coulait comme un ruisseau, vive et divine, Sous les arbres feuillus où tous deux nous rêvions ; Et comme font les vrais amants, nous écoutions Tout ce qui dans nos yeux attendris se devine.

Les mots ne rendent pas tout ce qu'on imagine. Depuis que l'iiomme soulTrc en proie aux passions. Ils trahissent, les mots ; et nous, qui le savions. Nous gardions le silence où l'amour grave incline...

Si nous pouvions ainsi, jusqu'au bout du chemin.

Nous dire nos secrets d'un presscmenl de main.

Nos peines d'un regard, nos bonheurs d'un sourire...

Et nous passer des mots, infidèles, petits.

Qu'on désavoue, à peine aussitôt qu'ils sont dits, —

Comme ceux-là qu ici, pour vous, je viens décrire !

Les Heures d'Amour

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