FLORE
Avant que la saison brève se décolore, Oh ! qui me donnera des roses par monceaux ! Et des lys ! jwur bâtir, sur de svcltes arceaux. Un vivant piédestal à tes splendeurs, ô Flore !
Leurs arômes derniers, pénétrants et si doux, Monteraient de leurs cœurs en odorante brume. Comme des encensoirs l'âme ardente qui fume. Déroulant sa spirale enivrante sur nous.
Toi qui fais de la terre un jardin, ô Déesse Des roses et des lys et de toutes les fleurs. Parfumant notre joie, embaumant nos douleurs De la vie à la mort, exquise Enchanteresse,
Mon âme est un jardin où sont ensevelis Des pétales séchés sous des ronces moroses : Prends pitié d'elle, ô Reine, et que tes grâces roses Y fassent refleurir des roses et des lys !
8 a Veilles du Jour et de la Nuit
A L'ÉïK
Bel Ëté, mûrisseur de fruits délicieux,
(Jui, sur l'or des rayons brûlants, descends des cieux
Jaunir les jeunes blés du monde, Sois propice aux moissons qui frémissent au loin, Et que ton vent chargé d'une odeur de sainfoin
Leur porte et leur partage l'onde.
Aux troupeaux somnolents qui ruminent, couchés A la lisière d'ombre où des arbres penches
Adoucissent l'heure accablante. Ménage l'herbe tendre et fais qu'à l'abreuvoir Abonde l'eau luisante, où se mire le soir
La grande lune bleue et lente.
Dispense également ta chaleur aux champs blonde ; Que la gerbe fourmille au gré des bras féconds,
Nus sous l'ardent soleil qui brûle ; Que tous les paysans qui travaillent, hâlés S'en retournent joyeux, au repos appelés,
Chantant clair dans le crépuscule.
La Chanson des Mois 83»
fité, sois bon surtout aux hommes. Garde-leur,
Pour que leur sang soit jeune et bouillant, la chaleur :
Épargne-leur tes folles fièvres.
Afin qu'ils n'aillent pas, pleurant leurs vains efforts. Irrésistiblement se brûler àme et corps
Aux fetix mortels des belles lèvres !
84 Veilles du Jour et de la Nuit