‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 51 sur 137 · CÉRÈS · texte numérisé non relu

CÉRÈS

C'EST aux feux créateurs de messidor qui flambe, Au midi bleu, pesant sur les fronts accablés. Que je t'aime, ô Cén-s, Déesse des hauts blés. Des blés beaux et profonds où s'enfonce la jambe !

Tu m'as nourri longtemps du froment de ton pain ; Tes champs blonds m'ont chanté, sur ton ordre, la gloire Des prosternations à tes deux pieds d'ivoire. Quand les frôle la brise embaumée aux grands pins.

C'est assez. Mon front penche et mes chairs sont ridées ; Mes sens matériels, Cérès, sont satisfaits. O Déesse, par qui les épis loiirds sont faits, Mûris pour mon cerveau le blé d'or des idées 1

Sur la gerbe, à genoux, frappé du plein soleil, La lèvre habituée aux prières ardentes.

Je viens triste, troublant les cigales stridentes. Mendier un froment nouveau de blé vermeil !

La Chanson des Mois 85

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