‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 65 sur 137 · LE VENT · texte numérisé non relu

LE VENT

A Gomalve Désaulniers.

Le vent passe entraînant des feuilles avec lui, Nous caressant les mains, nous baisant au visage ; Rapide, il vole et tout frémit sur son passage ; 11 va, soufflant, geignant, hurlant, faisant grand bruit.

11 va, courbant la branche et détachant lo fruit ; Il va, poussant les flots heurtés vers le rivage ; II va, le vent frivole, énergique et sauvage ; 11 passe, et des débris roulent au sol ; il fuit.

11 va. La girouette au pignon tourne et grince, Folle, de l'Est au Nord ; et, sous la tuile mince, Sifflant, il s'insinue et la fait palpiter.

Entre lui des instants naissent de paix profonde. Tout, petit à petit, cesse de s'agiter... Ainsi passe la gloire instable de ce monde.

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