‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 64 sur 137 · IL PLEUT · texte numérisé non relu

IL PLEUT

Jour gris d'automne. Il pleut des strophes

Poètes, tendez vos corbeilles :

Vos cœurs meurtris aux catastrophes,

Et saignant des gouttes vermeilles !

Tendez vos cœtirs : il pleut des vers Entre-choquant leurs rimes d'or !

Oh I tendez-les tout grands ouverts !

Qu'il plcvive donc ! Qu'il pleuv»; encor !

Il pleut des cadences nouvelles Berceuses d'espérances folles.

Des cadences aux doux bruits d'ailes, Qui parlent comme des paroles !

Poètes, frères malheureux.

Le ciel aujourd'hui prend pitié De vos chagrins longs et fiévreux.

Et vous prouve son amitié.

La Chanson des Mois tof

Poètes qui faites la chasse A ridée, aux phrases parfaites Où le mol précieux s'enchâsse Comme un rubis dans l'or ; poètes.

Tendez vos coeurs : il pleut des vers Entre-choquant leurs rimes d'or !

Oh ï tendez-les tout grands ouverts !

Qu'il pleuve donc î Qu'il pleuve encor !

io8 Veilles du Jour et de la Nuit

Page 1