‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 89 sur 137 · L'ÉTOILE ET LE VIOLON · texte numérisé non relu

L'ÉTOILE ET LE VIOLON

Une étoile luit, cristalline.

Dans le lointain calme des cienx ; Et, sons la main lento d'un vieux.

Un violon chante en sourdine.

Et c'est très doux de voir briller L'étoile dans le ciel tranquille ; D'entendre à voix basse prier Le vieux violon sur la ville...

L'étoile au ciel a disparu.

Comme une fleur bleue à l'automne ;

Et le vieux violon ému

Je ne l'entends plus qui chantonne.

Mais soudain j'entends et je vois, Kè%eur sous la nuit qui se voile.

Ses yeux comme une double étoile, Et, comme un violon, sa voix !

1^8 Les Rythmes qui Chantent

QUERELLE l?iSïRUMENTALE

Avec les violons les harpes Ont des querelles, tout ce soir ; Leurs accords flottent dans le noir Etoile, comme des écharpes.

Et les joueurs, indolemment.

Les doigts à l'archet, sur les cordes.

Prolongent ces vaines discordes.

Dont résonne le firmament.

Les harpes ont raison : l'on danse A contre-temps ; les violons, Ces esprits légers et brouillons.

Suivent en sujets la cadence.

Une harpe dit que c'est mal.

Et que c'est agir sans logique :

Asservir l'art de la musique Aux caprices des pas de bal !...

La Chanson des Autres i^y

Une autre bougonne et soupire ; Sa voisine approuve ; tandis Que les violons étourdis Bruyamment éclatent de rire !

i5o I^s ByUimes qui Chantent

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