Et le proverbe ajoute : « L'enfer des sols
JAUJA 4ia
la société liménienne et à secouer son insouciance naturelle en lui inspirant des craintes sérieuses pour l'avenir. A ces causes il faut ajouter en outre la décroissance de la richesse des citoyens par suite de Tépuisement des mines.
Autrefois les fameuses mines d'argent du cerro de Pasco et de Puno fournissaient au luxe et aux prodigalités de leurs heureux propriétaires; le produit annuel de ces mines permettait à ceux qui les exploitaient de satisfaire leurs fantaisies les plus coûteuses. Sans songer que la source de ces trésors pouvait tarir, ils puisaient sans mesure et à pleines mains dans ces coffres naturels ; mais les travaux furent mal dirigés, le minéral argentifère remplaça l'argent massif, aux filons riches succédèrent d'autres filons moins productifs; elle minerai, plus pauvre de jour en jour, au lieu de donner comme jadis de fabuleux bénéfices, olfre à peine une rémunération suffisante pour une exploitation dangereuse et pénible. Le cerro de Pasco est bien déchu de son ancienne opulence, et sa prospérité décroît chaque année, avec ses richesses souterraines. La mine de Puno, qui a acquis tant de renommée pour l'abondance de l'argent qu'elle a produit, est aujourd'hui abandonnée. Combien est loin le temps où Salsedo% pour honorer le comte de Lemos, alors vice-roi, qui devait venir visiter son exploitation, fit paver en lingots d'argent tirés de sa mine les derniers trois quarts de lieue de la route de Cuzco à Puno ! » (E. Grandidier, Voijage dans r Amérique du Sud, Pérou et Bolivie, Paris, Michel Lévy, 1861 ^ 1 vol. in-8«, p. 22-28.)
JAUJA (sanatorium)
« Plus encore queTarma, Jauja est un séjour recommandé aux nombreux phtisiques de la côte. On connaît depuis longtemps déjà les effets de l'atmosphère pauvre d'oxygène des
1. « Joseph Salsedo était un pauvre Espagnol qui, séduit par l'amour d'une jeune Indienne, l'épousa. L'humble flUe ne lui apportait en dot ni champs ni châteaux, mais elle Qt mieux : elle lui découvrit une raine d'argent d'une richesse fabuleuse. Sa fortune excita la convoitise du comte de Lemos, vice-roi du Pérou. Salsedo fut accusé de haute trahison et condamné à mort. Enfermé dans un cachot, il pria son persécuteur de vouloir bien envoyer les pièces de son procès à Madrid pour les soumettre à la revision de la haute cour, promettant de lui donner une barre d'argent par jour jusqu'à ce qu'on apprît la sentence définitive. A cette époque, pour aller de Callao en Espagne et pour revenir, un bâti-
punas sur ces terribles maladies des poumons, et le savant docteur Jourdanet*, après des observations et une pratique de bien des années sur les hauts plateaux de la Cordillère des Andes, est arrivé à donner une explication scientifique des cures vraiment merveilleuses obtenues dans des cas de phtisie du second et du troisième degré. D'après l'éminent médecin, cette affection ne peut plus exister au delà de la ligne moyenne entre le niveau de la mer et la limite des neiges éternelles, de sorte qu'en un endroit comme ïarma, à une latitude où la limite inférieure des neiges se trouve à environ 4,500 mètres, la phtisie cesserait à 2,230 mètres. Dans les villes dont nous parlons, situées à près de 3,000 mètres, d'autres raisons de salubrité viennent se joindre à cette condition principale climatologique. La Cordillère resserre ces vallées, les abrite contre les tempêtes et en adoucit considérablement la température. Par la même raison, la chaleur solaire s'y exerce avec une intensité plus grande, de sorte que le climat des vallées de Tarma et de Jauja est d'une douceur et d'une stabilité peu ordinaires dans la région andéenne. Pour vaincre complètement un cas de phtisie, pour donner aux plaies des poumons rongés par ce mal terrible le temps de se cicatriser, il faut que le patient se résigne à un séjour de deux et parfois de trois ans sur ces hauteurs. Aussi les familles des malades y viennent-elles souvent s'installer, et c'est ainsi que dans ces petites villes on retrouve la société de Lima avec ses habitudes gracieuses, sa conversation facile et agréable, sa bienveillance et son insouciante gaieté ^ » (Ch. Wiener, Pérou et Bolivie, Hachette, p. 241.)