QUINQUINA
Les forêts de la Bolivie orientale. — « Dans les forêts séculaires qui couvrent la partie orientale de Bolivie, — la montana, — croissent des arbres dont les branches majestueuses s'élèvent jusqu'au ciel. Au milieu d'une nature magniflquemenl puissante, dorée par le soleil éternel des tropiques, coulent des rivières délicieuses. Le cristal de leurs eaux n'est troublé, de temps à autre, que par une légère pirogue d'écorce, dans laquelle une famille d'Indiens confie son sort aux courants qui l'entraînent pour la transporter d'un Éden dans un autre Éden.
Dans ces contrées il n'y a point de villes, et la civilisation, avec son cortège fécond, mais épuisani, n'est pas encore venue appauvrir les dons du Ciel par ses inventions progressives.
Là, tout respire l'heureuse indolence née de l'absence de besoins; là croissent les précieuses essences destinées à nourrir les heureux propriétaires de ces lieux : ils ont à peine besoin de jeter, sur cette terre fertile, une poignée de riz pour recueillir à foison de surabondantes récoltes. Le soleil ne déserte jamais ces vallées, — las Yungas, — où règne un printemps perpétuel, et la grande végétation qui la couvre leur procure les pluies bienfaisantes de l'été tropical.
Les arbres, abandonnés à eux-mêmes, produisent des fruits exquis, et lorsqu'ils sont mûrs, d'elles-mêmes les branches fléchissent, pour que l'Indien n'ait pas à se donner la peine de lever les bras pour les cueillir.
Au milieu d'une nature éternellement jeune, l'homme seul arrive à la vieillesse et meurt; c'est là toute la ditiérence entre le paradis terrestre et l'orient de Bolivie.
Nous sommes en l'année 1G38.
Découverte des vertus du chinchona. — Les Indiens de la forêt ont entendu des grondements étranges, qui donnent la mort à l'égal de la foudre, jaillissent comme elle d'un éclair de feu. Leurs prêtres ont annoncé que le moment est venu où vont s'accomplir les prophéties des anciens.