‹ L'Ameérique; anthologie géographique;Chapitre 136 sur 142 · LES BRESILIENS · texte numérisé non relu

LES BRESILIENS

heures entières, regardant les passants ou se reposant peutêtre des fatigues de la journée, ou bien rêvant à... la fragilité de la vie. Je n'ai jamais vu une autre ville où l'on ait à ce point cette étrange habitude ou cette affectation de montrer l'ennui domestique. Par moment on dirait que toutes les maisons appartiennent à des capitalistes et à des gens qui s'ennuient par oisiveté; on se demande quand ces hommes et ces femmes travaillent, puisqu'ils témoignent, à regarder ainsi les passants, qu'ils n'ont rien à faire. Les femmes ne savent-elles donc pas se créer des occupations intérieures? Les hommes, rentrant de leurs affaires, ont-ils donc assez de temps pour passer des heures entières accoudés aux fenêtres? Habitude laissée par les Portugais, me dit-on...

... Du reste, pour apprécier avec équité et intelligence les habitudes et les allures actuelles de cette population fluminense, il ne faut jamais perdre de vue l'influence prépondérante exercée sur elle par l'élément portugais auquel elle doit son origine. Le Portugais d'une part, la possession de l'esclave de l'autre, sont deux facteurs qui ont puissamment agi pour élaborer le caractère ethnique brésilien. C'est depuis trente à quarante ans seulement qu'il tend à se modifier, sous l'action incessante des éléments étrangers venus d'Europe.

On sait que la métropole portugaise avait eu pour politique de tenir la colonie brésilienne sous une étroite dépendance économique; il en est résulté que celle-ci se modelait en tout et pour tout sur Lisbonne, sur sa cour, sur son commerce. Aujourd'hui encore, dans l'intérieur, les bonnes gens vous disent couramment : « Ceci vient du royaume, du roi, » c'està-dire du Portugal, à leurs yeux le royaume par excellence, et son roi le seul qu'ils connaissent.

Il est bien évident que, dans les grandes villes, à Rio particulièrement, la persistance des habitudes routinières s'accuse sous des formes différentes. Le Portugais y est toujours très puissant et numériquement considérable, seulement il est chaque jour diminué dans sa prépondérance par l'importance croissante des autres éléments étrangers.

... Le Brésilien indigène, descendant pur sang des Conquistadores ou bien métis issu de leurs croisements avec les diverses races soit autochtones, soit importées, n'a guère le tempérament commercial. Quand il a un peu de capital, il achète une fazenda et devient lavrador. C'est pourquoi en politique tous les fazendeiros, tous les lavradores étaient, jusqu'à ces temps derniers, fermement partisans du maintien de l'état

de choses basé sur l'esclavage. La lavoura, l'agriculture, el,

dans le centre du Brésil, la grande lavoura, avait groupé en

un faisceau tous ces fazendeiros ; elle était avant tout le parti

conservateur.

Quand il n'a pas de capital pour acheter et exploiter une propriété, le Brésilien aspire h un petit emploi public; il préfère les émoluments d'un fonctionnaire môme très modeste à la vie industrielle et commerciale. Aussi le fonctionnarisme est-il dans ce pays une plaie profonde autant que funeste. » (Alfred Marc, le Brésil, Paris, 1889, au journal le Brésil, I, 428-439.)

L'histoire du Brésil a été écrite parle diplomate F.-A. de Varnhagen, vicomte de Porto-Seguro, qui a publié son ouvrage en portugais à Madrid en 1854; d'Avezac en a donné un copieux compte rendu dans le Bulletin de la Société de géographie de Paris, 1857 et 1858.

La première description géographique du pays a été publiée par l'abbé Manoel Agua de Cazal en 1817 : Corografia Brazilica.

Aug. de Saint-Hilaire, à la suite de ses importants voyages, a publié :

Voyages dans l'intérieur du Brésil, 2 vol. in -S», Paris, 1830.

Voyages dans le district des Diamants et sur le littoral du Brésil, Paris, 2 voL in-8o, 1833;

Voyage aux sources du rio San-Francisco et dans la province de Goyaz, Paris, 1847, 2 vol. in-8o.

Voyage à Bio-Grande do Sut, Orléans, 1887.

Le voyage de Castelnau a produit l'ouvrage très important et consciencieux : Expédition dans les parties centrales de l'Amérique du Sud, 6 vol. in-8o, Paris, 1850.

Le missionnaire abbé Durand a parcouru et étudié les affluents de droite du fleuve des Amazones; voir les Bulletins de la Société de géographie de 1869, 1871, 1872, 1873, 1874, et le tirage à part publié par Ch. Delagrave sous le titre ; le Solimoes ou haut Amazone brésilien, 1874.

Histoire du Brésil français au seizième siècle, par P. GafTarel, Paris, 1870. M. Gaffarel a aussi publié une nouvelle édition des Singularités de la France antarctique de André Thevet, Paris, 1878; — et Histoire d'un voyage fait en la terre du Brésil, par Jean de Léry, Paris, 1880.

Belation d'un voyage dans l'intérieur de l'Amérique méridionale en descendant la rivière des Amazones, par La Coudamine, Paris, 1743-44.

La question du contesté franco-brésilien, produit par le traité d'Utrecht, a été longuement exposée par J. Caetano da Silva dans son livre : l'Oyapok et l'Amazone, question brésilienne et française, Paris, 1861, 2 vol. in-S».

Voyage au Brésil, ^^d^v M°ioet L. Agassiz, trad. Vogeli, Paris, 1869.

Amérique équatoriale, par don Enrique vicomte 0. de Thoron, Paris, 1866.

Rio-de- Janeiro, par Em. Allain, Paris, 1886.

Deux Années au Brésil, par F. Biard, Paris, 1862.

Mon Dernier Voyage :le Brésil nouveau, par G. Aimard, Paris, 1886.

De Paris au Brésil par terre, par L. Boussenard, Paris, 1892.

Le Brésil, par Alfred Marc, Paris, 2 vol., 1889.

Un Finançais au Brésil, par Raoul de Croy, Limoges, 1891.

Nouvelles Études sur le Brésil, par Charles Pradez, Paris, 1872.

De Rio-Janeiro à Sâo-Paulo, par F. Houssay, Paris, 1877.

Une Parisienne au Brésil, par M™" Toussaint-Samson, Paris, 1883.

Lettres du Brésil, par Max Leclerc, Paris, 1890 (ont d'abord paru dans le Journal des Débats).

Sur les rives de l'Amazone, voyage d'une femme, par Ch. Wallut, Paris, 1882 (illustré).

La France équinoxiale, par Henri-A. Coudreau, 2 vol. in-8o, Paris, 1886-87.

Les Français en Amazonie, par le même, Paris, 1887.

Le Pays des Amazones, l'Eldorado, les Terres à caoutchouc, par F.-J. de Santa-Anna Néry, Paris, 1885.

Le Brésil en /5S5, par le même, Paris, 1889 (recueil des traités composés par différents auteurs, sous la direction de M. de Santa- Anna Néry, pour l'Exposition de 1889).

L'Émigration et l'Immigration au Brésil pendant les dernières années, par le même, Paris, 1892.

Le Brésil pittoresque, par Ribeyrolles (un proscrit de décembre 1851), 2 vol., Rio, 1859.

Le Brésil vivant, par Luiz de Castro, Paris, 1891.

Album de vues du Brésil, sous la direction du baron de Rio- Branco, Paris, 1889.

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