AGRICULTURE
(A. de HuMBOLDT, Essai sur la Nouvelle-Espagne, in-8°, édit. 1827, II, p. 275.)
Les fruits. — « Nous arrivons à Sacramento en pleine foire agricole, et nous allons admirer les gigantesques betteraves elles colossales citrouilles qui, depuis les premiers temps, ont fait connaître aux quatre coins du globe la fécondité exceptionnelle du sol californien. Les fruits ne sont pas oubliés. Voici des grappes de raisins du poids de plusieurs livres, et des pommes et des poires qui mesurent un demi-mètre de tour. Si vous n'y croyez pas, allez y voir.» (L. Simonin, A tra- •ycTS les Ètats-TJnis, Charpentier, 1885, p. 153.)
« La Californie produit les meilleurs fruits de l'Amérique, voire du monde entier. Raisins délicieux, poires fondant sous le palais, pommes savoureuses, melons de terre et d'eau, bananes, ananas, pêches jaunes et vertes, amandes et autres fruits de nature semi-tropicale pullulent ici à un point inouï. C'est à se croire sur les bords de l'Euphrate, au milieu de l'Éden si vanté par l'Écriture ^ » (L Eggermont, Voyage autour du globe, Ch. Delagrave, 1892, p. 322.)
Vignes. — Les religieux avaient introduit des plants étrangers 2 : dans un voyage à travers la province en 1846, le dernier alcade de San-Francisco, Ed. Bryant, parle de vignes importantes, qui avaient déjà donné plusieurs tonnes de vin. « Je tiens là, dit-il, de Yaguardiente, eau-de-vie faite avec le raisin de Californie. San goût n'est pas désagréable ; je ne doute pas que le temps ne la rende aussi bonne que les eaux-de-vie de France. » ( Voyage en Californie, traduit par X. Marmier, Paris, 1849, p. 25.) En 1855, M. A. Delmas importa par le cap Horn une centaine de variétés françaises, qui sont surtout cultivées au point de vue de la production du raisin
1. Quelques chiffres suffiront pour indiquer l'importance et surtout les progrès rapides de la culture des fruits. En 1872, l'exportation des fruits en conserve fut de 182,000 boîtes: en 1887 elle atteignit 56 millions; en 1871 l'exportation des fruits frais était de 1,832,300 livres : en 1888, de 54 millions; en 1875 on n'exportait pas de raisins secs : en 1888 on en a expédié 17 millions de livres.
2. « Les premiers colons arrivés en 1769 trouvèrent déjà dans l'intérieur du pays des ceps de vignes sauvages, qui donnaient des grappes de raisin assez grandes, mais aigres. C'était peut-être une de ces espèces de vitis, propres au Canada, à la Louisiane et à la Nouvelle-Biscaye, et que les botanistes ne connaissent encore qu'imparfaitement. Les missionnaires ont introduit dans la Californie la vigne [vitis vinifera), dont les Grecs et les Romains ont répandu la culture dans toute l'Europe, et qui est certainement étrangère au nouveau continent. On fait de bon vin dans les villages de San-Diego, San-Juan-Capistrano, Santa-Clara, etc., tout le long de la côte au sud et au nord de Montercy jusqu'au delà de 37» de latitude. » (A. de Humboldt, Essai politique sur le roxjaume du la Nouvelle-Espagne, édit. in-8'' de 1827, il, p. 276.) Ces vignes furent longtemps cultivées sous le nom de vignes de la missio7i.
de table. La culture de la vigne s'est surtout développée à partir
de 1880.
« Je traverse le pays de Calistoya, un des plus riches en vignes. J'en ai déjà vu beaucoup la veille, j'en vois davantage; je remarque surtout qu'on se dispose à planter dans de vasles proportions. Que feront-ils de tant de vin ? Ils n'en boivent pas. Déjà les caves sont encombrées, et les propriétaires ne trouvent pas à l'écouler; ils le donnent, rendu à San-Francisco, pour dix-huit sous le gallon, c'est-à-dire les quatre litres et demi. Encore un point noir pour nous à l'horizon : cet excédent de production partira pour la France, et déjà le vin de Californie en connaît la route. 11 ne faut pas se faire d'illusions, ce vin est de très bonne qualité; j'en ai bu d'excellent, aussi bien du blanc que du rouge ; seulement, dans les hôtels on le paye de cinquante sous à un dollar la bouteille, quand le vigneron le vend quatre sous le litre. Le plant qui réussit le mieux et fait le meilleur vin est le zinfandel * ; le burger est un bon plant de raisin blanc. Les Américains cultivent aussi le concord, qualité exécrable, et puis des plants français : le carignan, le pineau, le malvoisie, le minion, le chasselas, ce dernier pour la table.
L'an dernier (1885), la récolte du vin, en Californie, a produit vingt-cinq millions de gallons.
Toutes les vignes sont cultivées à la charrue, les ceps espacés de 2 mètres environ sur 1™,30; peu sont accompagnés d'échalas,etdans ce cas leséchalas sont très courts et n'empêchent pas les rameaux de courir. La végétation n'a rien de luxuriant ; on taille à la mode beaujolaise, et la production m'a semblé belle, sans être extraordinaire. 11 faut cependant que la terre soit bien fertile, s'il est vrai que des propriétaires qui ont payé près de 6,000 francs l'hectare fassent d'excellentes affaires, malgré le bon marché des produits et la cherté de la maind'œuvre. Ce qui manque le plus aux Américains, c'est l'expérience pour la fabrication des vins. Les plus riches font venir des vignerons de France et les payent de 100 à 150 dollars par mois, c'est-à-dire de 6,000 à 9,000 francs par an ». (L. de CoTTox, A travers le Dominion et la Californie, Retaux- Bray, 1889, p. 183.)
« La vigne se multipliant de plus en plus, les vendanges de 1888 ont produit 9 millions de kilogrammes de raisins;
1. C'est peut-être le zierfandler ou silvaner autrichien, une sorte d'aramon.