PRÉAMBULE
$ 1. — Le délaissement de l’agriculture.
$ 2. — Le revirement qui se produit à ce point de vue.
$ 1. — Le délaissement de l'agriculture
IL est assez surprenant de constater que, des mesures prises jusqu’à ce jour pour atténuer les regrettables effets du travail manuel, aucune pour ainsi dire n’a encore touché les salariés de l’agriculture (1). Limitation de la journée de travail, repos hebdomadaire, réparation des accidents, tout a été conçu ‘en faveur des seuls ouvriers de la ville, abstraction faite des 2.500.000 personnes dont se com-
1. Nous négligeons volontairement la loi du 30 juin 1899 et celle du 27 novembre 1909, à l’étude desquelles nous nous attacherons dans la suite, =
OU
pose ce que Kautsky se plait à dénommer le « prolétariat agricole ».
Pareille omission ne parait pas normale à tout le monde, et M. Robin a pu écrire qu’ « au point de vue de l'équité, il parait évident que toutes les fois que l'on améliore le sort des ouvriers de l’industrie, iln'y a aucune raison de principe pour ne pas associer les travailleurs de la terre aux bénéfices de ces réformes (1) ». Nous venons de voir cependant que cela s'est produit dans des cas excessivement importants; etsi nous dirigions nos recherches sur d’autres points, nous serions frappés de voir toujours la même sollicitude à l'égard des ouvriers de l'industrie, le même délaissement à l'égard des ouvriers agricoles (2).
Jetons un regard attentif sur la loi du 30 novembre 1894 concernant les habitations à bon marché : nous juge- ‘ons sans peine qu'elle est presque uniquement faite en faveur des travailleurs de la ville. Si la preuve ne s’en découvrait dans ce fait que la loi en question ne s'applique qu'aux jardins de 5 ares attenant aux maisons à bon marché et de 10 ares non attenant à celles-ci, elle éclaterait dans l'exposé des motifs qui précède la loi du 12 avril 1908 : « L'étude des statistiques démontre que c’est seulement dans les agglomérations urbaines ou dans le voisinage des
centres industriels qu'on a pu jusqu'à présent mettre en