‹ L'Amélioration légale de la Condition des Travailleurs agricolesChapitre 45 sur 91 · Cf. Hitier, Revue d'économie politique, 1911, p · texte numérisé non relu

Cf. Hitier, Revue d'économie politique, 1911, p

Cette protection par le moyen du contrat est si véritablement utile que c’est à elle qu'on a tout de suite songé en Augleterre quand il s'est agi de défendre les sujets britanniques engagés dans les exploitations agricoles du Chik. Ils y étaient en effet exposés à certains abus. Le gouvernement de Georges V mit ordre à cela, au mois de mai 1910, en décidant qu'aucun Anglais ne pourrait s’embaucher au Chili si son contrat d’embauchage n'était signé

par devant le consul de Grande-Bretagne à Valparaiso.

$ 3. — Conclusion

Espérons donc qu'un texte saura donner aux salariés étrangers les garanties auquelies ils ont droit àleur double titre d'étrangers et de travailleurs souvent malheureux.

Cette mesure,nous nel’ignorons pas, sera plus ou moins bien accueillie non tant parles patrons que par les ouvriers français, au regard de qui les immigrés sont des concurrents. et des fâcheux. Mais la justice ne doit pas s'arrêter

à de si basses considérations. Elle doit s'imposer non pour faire plaisir à tels ou tels, mais parce quelle est la justice. Il est très certain que l’emploi d'étrangers peu exigeants sous le rapport du salaire et du confort influe sur le taux des rénumérations agricoles françaises. Cependant nous n’apercevons aucun procédé légitime pour empêcher nos agriculteurs d’avoir recours à qui bon leur semble. Ils sé

croient déjà forcés de prendre mille précautions à l'égard

des journaliers ou domestiques français ; ils leur expliquent à chaque occasion(1) qu’ils ne font appel à la main-d'œuvre étrangère que parce qu'ils ne trouvent pas en France un nombre suffisant d'employés. Et on pourrait vraiment croire que le mécontentement de certains nationaux n’a pas été sans influence sur le législateur qui adoptait en 1910 un projet de loi frappant d’un impôt les salariants faisant emploi d'ouvriers étrangers (2). Pourtant, si contraire aux intérêts des travailleurs manuels que soient dans certains cas l’usage des machines agricoles ; si contraire que leur soit l’extention des pâturages, on n'a jamais songé,que nous sachions,à prohiber l’emploides faucheuses et l'accroissement des herbages (3). Ce serait un mode d'amélioration complètement artificiel et critiquable.

Il n'y a donc pas lieu de prendre en considération les objections qui pourraient être élevées contre les mesures protectrices que nous avons signalées, car, loin de créer privilèges ou anomalies, elles ne feraient que respecter les

données les plus élémentaires de l'équité.

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