‹ L'Amélioration légale de la Condition des Travailleurs agricolesChapitre 44 sur 91 · HI · texte numérisé non relu

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Kabyles (1). La Roumanie emploie des Serbes et des Bulgares. [’Allemagne, lors des gros travaux, appelle à son aide des Polonais. En Hongrie on loue les bras des Bulgares et des montagnards Slovasques (2). Tous étrangers dont il serait bon d'améliorer la condition souvent précaire par des mesures analogues à celles qui sont en honneur au Danemark.

Certes la plupart d’entre eux,comme le dit Augé-Laribé, sont habitués à la misère. Le plus souvent ils n'émigrent pas pour d’autres raisons qu'une détresse cruelle, totale, pitoyable. Afin de gagner davantage à l'étranger, ils s’astreignent à une existence héroïque de travail et de privations. Ils se nourrissent de lard, de pommes de terre, de harengs saurs, s’entassent pêle-mêle dans de mauvais logements avec cette résignation poignante qui est le lot des personnes réduites à la dernière extrémité. Mais n'est-ce pas dans ce sacrifice même, dans cette abnégation de gens acculés qui veulent vivre coûte que coûte, n'est-ce pas là qu’on pourrait trouver la plus légitime raison d'intervenir ? Veiller à ce qu'à la suite de nos propres nationaux ceux des pays étrangers ne soient trompés ni sur ce qu'on leur doit ni sur ce qu'ils doivent; leur donner toutes les facilités possibles pour qu'aucune main sacrilège ne retienne

la plus humble parcelle du pécule qu'ils se sont acquis;

1. Cf. Souchon, Conférence au Musée social, 15 mars 1910. 2. Gonnard, {a Hongrie au xx° siècle.

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leur assurer un logement digne de leur qualité d'hommes, sans imposer pour cela à l'employeur les raffinements qu'on exige au Danemark; faire cela, même à charge de revaache par les pays dont nous protègerions les ressortissants, ne serait-il pas tout à fait heureux ou seulement humain ? |

Certains l'ont si parfaitement compris qu'ilsn’embauchent leurs nationaux qu'à bon escient, lorsque toutes garanties peuvent leur être offertes à l'étranger. C’est ainsi que la Société polonaise d’émigration contraint les employeurs français à signer une convention stipulant les jours de repos qui seront accordés aux ouvriers polonais, la durée de leur travail (1), le taux de leur salaire (2), les vivres à leur fournir (3), les cas de rupture du contrat (4) et les amendes possibles (5). De cette façon les chances de contestations sont réduites au minimum, et l’ouvrier étranger

se trouve protégé d’une façon efficace (6).

1. Douze heures en hiver, seize en été,avec une demi-heure de repos pour le déjeuner, une heure pour le dîner.

2. Un franc cinquante centimes en temps normal ; 2 francs lors des moissons et fenaisons.

3. Septcent cinquante grammes delard,o kgr. 950 de viande fraîche, 1 kilo de farine ou de riz, 5 kilos de pain, 12 kg. 500 de pommes de terre, 7 litres de lait et 3 litres et demi de vin par semaine et par personne. :

4. Le contrat se rompt au cas ou l’ouvrier frappe ou insulte son patron, le vole, malmène ses animaux,incite ses camarades à la résistance ; pour l’ouvrière en outre, au cas où, n’étant pas mariée, elle devient grosse. Du côté de l’employé si l'employeur nele paye pas ou se conduit immoralement à son égard.

5. Amende de 6 fr. 60 si l’ouvrier cesse de travaiiler, s'enivre, COntrevient aux règlements domestiques

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