Von Philippovitch, la Politique agraire, p
3. Sans doute, à l’heure actuelle et depuis plusieurs années à ;à, l’agriculture manque de bras: c’est une banalité que de le redire. Mais ce phénomène n'offre quant à présent aucun caractère de réelle gravité.
l’agriculture succombe, comme il est impossible que jamais l’industrie dépasse un certain degré d'extension. Mais ce qui pourrait très bien arriver si on n'y prenait garde, c'est que l’une relirât à l’autre une grande partie de sa vie, une grande partie de sa force, et que toutes deux souf- Îrissent qui, d’une sorte d’anémie, qui d'une espèce de pléthore. Dans l'état présent, en effet, que se passe-t-il ? La silualion des ouvriers de la ville étant réputée plus enviable que celle des travailleurs de la terre, ceux-ci quittent la charrue et vont chercher dans les usines ou dans les magasins des grands centres une existence qu’ils croient moins pénible, plus rémunératrice et plus stable, Plus agréable aussi ? M. Méline en est persuadé : « Ce qui pousse les jeunes agriculteurs à l’émigralion, dit-il, ce sont surtout les douceurs et les enchantements apparents de la vie urbaine. Ils sontattirés par les splendeurs des villes comme les papillons par la lumière ; au fond de leurs chaumières, ils se sont mis à rêver de théâtres splendide, de cafés étincelants, de fètes brillantes, de luxes et de plaisirs, et quand ils se sont réveillés, qu'ils ont jeté un coup d'œil attristé sur leur humble chaumière, sur ses murs nus etgris, sur la chandelle fumeuse ctsur les haillons de travail, ils se sont sentis envahis d'une immense nostalgie et n'ont plus eu qu'une idée: aller à la ville
à tout prix, les yeux fermés sans même savoir à quelle
porte frapper (1). »