CONCLUSION
$ r. — L’exode rural,
$ 2. — Ses causes.
$3. — Son remède : l'amélioration de la condition des travail- - leurs agricoles.
$ 1. — L’exode rural
Une chose est pour nous certaine : c'est que da jour où seront mises en application les réformes et les améliorations que nous venons d'étudier, de ce jour l'exode vers les villes se ralentira jusqu à disparaitre à peu près complètement. Si cet exode en effet remonte à la plus haute antiquité grecque ou latine (1); si Estienne le signale en 1533 dans /a Maison rustique; si les enquêtes officielles de 1882, 1892, 1896, 1901 et 1909 accusent une diminu-
tion continuelle de la population rurale et un accroisse-
r. Vallat, des moyens à employer pour empêcher les travailleurs , des champs à déserter les campagnes, 1899.
— 20/4 — ment parallèle de la population urbaine (1), cela tient certainement à la situation peu favorisée des travailleurs agricoles. Dès lors tout ce qui contribuera à rendre meilleur le sort de ces derniers contribuera dans une égale mesure à enrayer le mouvement de la déserlion des champs. C'est ce qu’apercevait fort bien M. de Philippovitch (2) quand il écrivait qu'on retiendrait les paysans à la campagne si on leur donnait autant que possible une protection analogue à celle dont bénéficient les ouvriers de la ville. Mais de cette proposition c'est la tendance quil faut retenir plus que la lettre, puisque, nous l'avons vu, il ya de véritables impossibilités à donner aux ouvriers des campagnes la même législation qu'à ceux du commerce et de l’industrie. Ce qu'il faut retenir, c'est que chacune des réformes que nous avons préconisées aiderait à empêcher le ceci tuera cela qu'avec un peu d’exagération il est vrai, un pessimiste allemand prophétisait dans le Vorwaerts en opposant l'agriculture à l’industrie (3). Non!
ceci ne tuera pas cela, car il est impossible que jamais
1. En 1882 le nombre des travailleurs agricoles ‘avait diminué de 449.561 par rapport à ce qu'il était en 1862. De 188r à 189r il fléchit encore de 250.369 unités. De 1886 à 1896 de 400.000. De 1896 à 1901 de 329.000. Enfin de 1901 à 1909 le mouvement s’accentue et le recensement de 191: annonee une nouvelle augmentation de la population des grandes villes (Paris, Orléans, Douai, Tours, Marseille, roue Toulon, Clermont-Ferrand, ete.).