Deghilage, la Dépopulation des campagnes
a. Jaray, loc. cit., p. 61. 4 à
3. Souchon, La Propriété paysanne, p. 17. De même le Congrès de mécanique agricole émettait, le 22 février 1911, le vœu que, pour retenir les paysans à la campagne, on portât à Jeur connaissance les mesures prises en vue de l’accession à la propriété comme en vue de sa conservation.
M. Ribot, avec sa haute compétence, écrivait un jour, lui aussi :.« Si nous pouvons trouver le moyen de rendre propriétaires tous les travailleurs qui n'ont, en se mariant, d'autre fortune que leurs bras et leur bonne volonté, nous aurons beaucoup fait pour assurer la paix sociale et pour ralentir, dans la mesure du possible, le mouvement qui entraine les ouvriers à déserter les campagnes. »
Quant au repos hebdomadaire, en agriculture, quelque difficulté que nous fassions pour le croire avec M. Vandervelde, une cause directe de l'exode rural, nous sommes persuadé que son instauration ne sera pas inutile, en ce qu'elle montrera au moins aux travailleurs de la terre qu'on s'occupe un peu d'eux.
Mais c'est dans la future législation sur les accidents agricoles, sur le placement, sur le chômage, sur l’habitaion (1), sur l'accession et surlout sur les retraites paysannes que nous plaçons notre plus entière confiance. Législation dont une partic existe dès aujourd’ hui, mais à laquelle, nous croyons l'avoir nettement souligné, d'importantes retouches pourraient être faites en vue d’amender la situation de nos agriculteurs.
Et, suivant nous, c'est par là, c'est par là seulement
que sans verser dans les erreurs el les abus de certaines
1. Une revue agricole, l'Éveil économique, imprimait en 1909 les lignes suivantes: « Des divers moyens propres à enrayer l’'émigration des campagnes vers les villes, l'un des plus efficaces est certainement l’amélioration de Fhabitalion de l’ouvrier et la construction de mai-
sons économiques et salubres, mises à leur disposition, moyennant un léger loyer (p. 22). »
doctrines, ont concédera cependant aux travailleurs des champs, les avantages auxquels leur donnent comme un droit le juste souci de leur mieux-être et la juste reconnaissance de leur utilité. C'est par là que, tout en rESPEC= tant avec un soin jaloux, l'irritable indépendance de nos populations françaises, on réalisera l'œuvre utile, l'œuvre équitable, l'œuvre belle que tant de bons esprits croient devoir attendre de nos législateurs, œuvre qui saura grouper en un admirable faisceau de solidarité l'intérêt de l'indi-
vidu, l’intérèt de l’agriculture et l'intérêt de la nation.
Vu : le Président de la thèse,
SOUCHON Vu : le Doyen, P. CAUWES Vu ct permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris,