‹ L'aménagement des forètsChapitre 15 sur 74 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

La reconnaissance spéciale de la forêt exige qu'on en fasse d'abord le parcellaire.

Cette opération consiste à subdiviser chacun des cantons qu'elle comprend, en autant de portions distinctes et séparées, qu'il y a de différences bien tranchées dans la composition et les conditions' de végétation du peuplement.

Cette subdivision, subordonnée d'abord à l'âge des bois, à laf nature des essences et à l'état de la végétation, est modifiée ensuite, s'il y a lieu, conformément aux dissemblances relatives au sol, à la situation, à l'exposition.

Il est impossible de fixer d'une manière précise, la limite minimum au-dessous de laquelle la contenance d'une parcelle ne doit pas descendre; seulement il faut éviter, si la parcelle est couverte de bois, de lui donner une contenance inférieure à celle que devrait avoir une coupe annuelle.

Quand le parcellaire est terminé, on a soin de faire arpenter, et rapporter sur un plan, toutes les parcelles que cette opération a eu pour résultat d'établir. On donne à ces parcelles des signes distinctifs; on les désigne par des lettres ou des numéros, afin de les reconnaître facilement ; mais, comme on le verra plus tard, cette désignation n'est que provisoire.

Enfin, on procède à la reconnaissance détaillée de chaque parcelle, reconnaissance qu'on ne saurait faire en même temps que le parcellaire, attendu qu'on a besoin, pour ne pas se tromper dans l'appréciation d'un peuplement, d'en connaître avant tout la contenance, et que ce renseignement n'existe pas encore au moment oh le parcellaire s'effectue.

Un cahier spécial, dans lequel sont transcrits les résultats de cette reconnaissance, forme ce qu'on est convenu d'appeler le cahier de la description spéciale.

ARTICLE V

OBSERTATIONS SUR LES PHUUCIPBS Q-DESSUS DÉVELOPPÉS

Les idées exposées dans les articles précédents, relativement au parcellaire, ne seront probablement pas du goût de tout le monde : On les attaquera peutêtre dans le fond et dans la forme.

Si on consulte les traditions, on y trouvera, en effet, des principes qui diffèrent essentiellement des miens, quoique cependant ils tendent au même but : Au lieu de prendre, comme je le fais, pour élément fondamental du parcellaire, une portion de forêt homogène quant à l'âge, aux essences, aux conditions de végétation ; au lieu de subordonner exclusivement la formation des parcelles aux différences d'état des peuplements qui constituent la forêt, on prend pour élément fondamental du parcellaire, une portion de forêt circonscrite par des limites naturelles, et on subordonne en conséquence la formation des parcelles à des circonstances indépendantes

de Vélat du peuplement. Il est vrai qu'on trie ensuite, dans chacune des grandes divisions circonscrites par des limites naturelles, les peuplemenls homogènes, pour en faire des subdivisions; mais ces subdivisions, condamnées d'avance à se fondre dans les divisions dont elles font partie, ne sont appelées à exercer individuellement aucune influence, sur la formation du plan d'exploilation.

Tel est le point sur lequel ma manière de voir est surtout en désaccord avec certains errements. Il est capital, et je ne peux me dispenser, de m'y arrêter.

Si on ne formait les divisions dont je viens de parler que pour faciliter l'opération du parcellaire, je ne protesterais pas; on suivrait en réalité la marche que j'ai conseillée. Mais quand on forme ces divisions, avec l'idée préconçue de faire subir la même destinée aux différents peuplements que chacune d'elles contient, on met, pour me servir d'une comparaison triviale, la charrue avantles bœufs; eton s'expose évidemment à violer tous les principes de la culture et de Fexploitabilité, en rangeant sous la même loi, en assujettissant au même traitement, en régénérant à la même époque, des parties de forêt qui pourront avoir des exigences bien opposées.

Quel est l'objet principal de l'aménagement? — C'est de fixer l'époque et l'ordre des coupes annuelles ; or cette époque et cet ordre ne dépendent pas uniquement de la position respective des divers peuplements dont une forêt se compose; ils dépendent

eo AMÉNAGEMENT DES FORÊTS.

en outre, et quelquefois principalement, de Tâge des bois, de la longévité probable des essences ; et, par conséquent, je ne saurais admettre qu'on ne tienne compte absolument que de la première de ces circonstances.

Il y a là, au moins en théorie, une erreur; je dis en théorie, parce que dans la pratique on se préoccupe, tout en faisant le parcellaire, de la marche des coupes, et qu'il y a des cas où il est possible de prévoir, que les exigences des règles d'assiette devront exceptionnellement faire exploiter à la même époque, à cause de leur situation respective, des peuplements très dissemblables d'ailleurs par Tâge ou d'autres caractères.

Ce sont précisément ces exigences des règles d'assiette et la certitude où l'on est souvent, et en montagne particulièrement, qu'elles prévaudront, lors du règlement des coupes, sur les autres motifs, qui ont conduit certains agents à regarder comme devant être soumise à la même loi, et devant former l'élément fondamental du parcellaire, une portion de forêts circonscrite par des limites naturelles; mais il est clair d'abord que de tels principes, en admettant qu'ils fussent toujours justifiés dans les pays de montagnes, ne sauraient l'être dans les plaines; et il est non moins clair ensuite que, si en pratique il peut être permis à desagents très exercés de tenir compte, dans leur manière de procéder au parcellaire, des exigences des règles d'assiette, il n'en est pas de même en théorie, où l'on doit classer les idées et les opérations par rang d'importance,

les développer et les exposer successivement et sans confusion, dans un ordre tel qu'on puisse bien en suivre la filiation.

ARTICLE VI

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