CHAPITRE PREMIER
PRLNCIl'RS FONDAMENTAUX
Quand on a complété la statistique de la forêt à aménager; quand on a terminé la description spéciale des parcelles dont elle se compose; quand on a choisi la méthode d'exploitation et fixé l'âge d'exploitabilité qu'on estime être applicables à ces parcelles, on possède les éléments nécessaires pour arrêter la durée de la révolution, la quotité et la marche des coupes annuelles.
Les documents, relatifs à ces divers objets, forment ce qu'on appelle le plan d'exploitation.
J'ai dit que le mot révolution s'appliquait au temps nécessaire, pour que l'on pût régénérer entièrement une forêt, par une série de coupes renouvelables dans les mêmes conditions. C'est bien là le vrai sens du mot et, par conséquent, si on voulait s'exprimer correctement, on devrait n'employer ce mot que pour l'exploitation des forêts normales, car
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c'est dans les forêts normales seulement, que les coupes de régénération peuvent se renouveler périodiquement, dans les mêmes conditions. Mais cependant, par suite de la pauvreté de notre langue, on a abusé du mol révolution comme de beaucoup d'autres, et on Ta employé indifféremment, pour les forêts qui sont susceptibles d'un aménagement définitif et pour celles qui ne le sont point, de sorte que ce mot ne se lie pas toujours à Tidée d'une rotation régulière de coupes d'une nature déterminée.
Il en est ainsi, par exemple, lorsqu'on se sert du mot révolution, pour exprimer le temps pendant lequel une forêt devra être parcourue par des coupes préparatoires à la futaie. Il est évident que ces coupes préparatoires ne sont pas destinées à se renouveler indéfiniment ; que souvent même, on n'attend pas qu'elles aient parcouru toute l'étendue de la forêt, pour entreprendre les coupes de régénération.
Le mol révolutioii ne leur convient donc pas grammaticalement. L'usage l'a pourtant admis et- consacré et je ne prétends pas le proscrire. Seulement, pour prévenir toute confusion, je prendrai les précautions suivantes :
J'appellerai révolution principale normale ou définitive^ le temps nécessaire pour l'exploitation, pour la régénération totale d'une forêt, lorsque ce temps correspondra à l'exploilabililé des essences; révolution principale transitoire celle qui, bien que s'appliquant aux coupes de régénération, ne différera de la précédente, que parce qu'elle sera exceptionnel-
ni: PLAN D'EXPLOITATION. 173
lement plus courte ou plus longue qu'elle ne devrait l'être, d'après Tâge d'exploitabilité des essences.
Mais puisqu'il est fort embart'assanl de déterminer Tàge d'exploitabilité d'une forêt, même lorsque cette forêt est dans un état que Ton peut croire stable, au point de vue de la consistance et de la végétation des peuplements qui la composent, le problème devient plus difficile h résoudre, quand elle est évidemment destinée, sous ce double rapport, à éprouver des changements, de sorte qu'àFincertitude des circonstances économiques s'ajoute celle des circonstances physiques. Tel âge d'exploitabilité justifié d'ailleurs aujourd'hui, pourra ne plus l'être dans un siècle. Aussi, devra-t-on tenir pour normale, toute révolution principale qui ne difTérera pas assez de ràged*exploitabilité adopté, pour qu'il en résulte des sacrifices trop grands d'accroissement, en supposant que cet âge soit maintenu.
J'appellerai révolution préparatoire, bien que ce soient les coupes et non la révolution qui préparentj le temps pendant lequel une forêt devra être parcourue par des coupes, qui auront pour but d'y rendre possible le début des coupes de régénération. On s'est quelquefois servi, dans ces dernières années, pour exprimer ce temps, des mois période d'attente. Or, la période avait toujours été prise jusqu'alors dans une acception restreinte : C'était et c'est encore une partie de la révolution qui ne saurait se dérouler en dehors de celle-ci ; il y aurait des inconvénients à lui donner une autre signification.
La révolution préparatoire, telle que je la com-
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prends, remplacera dans certains cas la révolution transitoire, telle qu elle est définie par MM. Lorent/. et Parade.
L'établissement du plan d'exploitation repose sur plusieurs principes essentiels qui consistent :
1* A faire arriver autant que possible chaque parcelle en lourde régénération, à Tépoque correspondante à son âge d'exploitabilité, et en tour d'exploitation intermédiaire, à l'époque indiquée par Télat du peuplement ;
2** A prescrire, pour les exploitations successives des parcelles, un ordre qui soit conforme aux règles sur l'assiette des coupes :
3* A former, pour la répartition des produits, dans le cours de la révolution, un règlement qui, tout en se conciliant avec les exigences de la culture, soit de nature à assurer le rapport annuel soutenu.
L'application de chacun de ces principes est soumise à des conditions particulières plus ou moins importantes, plus ou moins impérieuses, qui souvent se contrarient et créent alors une des plus grandes difficultés que l'on rencontre, dans l'établissement du plan d'exploitation.
La formation de ce plan varie suivant les modes d'exploitation: Nous Tétudierons d'abord, dans le cas le moins compliqué, c'est-à-dire en admettant que la forêt à aménager doive être exploitée en taillis simple; nous verrons ensuite quelles modifications il faut y apporter, quand il s'agit de former une forêt régulière, exploitée d'après la méthode du
ou PLAN DEXPLOITATiON. 17.;
réensemencement naturel et des éclaircies périodiques.
Quant aux taillis composés, comme ils ne diiTërent des taillis simples que par Timporlance de la réserve, et comme d'ailleurs cette importance est subordonnée à des circonstances culturales très variables, je ne crois pas nécessaire de faire de leur aménagement Tobjet d'une étude particulière \
1. Le lecteur qai aurait beBoin d'être mieux fixé sur la question de l'aménagement des taillis composés, consultera avec fruit le livre de M. Nanquette, pages 297 et suivantes. (Note de la 2» édition.)
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