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CHAPITRE M

DU PLAN d'exploitation DANS LES FUTAIES, LA REVOLUTION DEVANT ÊTRE PRLNQPALE ET TRANSITOIRE, OU SIMPLEMENT PREPARATOIRE, ET LA MARCHE DES COUPES, PROVISOIRE.

ARTICLE PREMIER

UTILITÉ DB LA FORMATIONS PREALABLE DU TABLEAU DRS APFECTATIONS NORMALES

Quelle que soit la première révolution adoptée^ qu'elle soit définitive, transitoire ou préparatoire; quelles que soient également la nature et la variété des exploitations à faire dans cette première révolution; enfin, quelque grande que puisse être la différence entre la marche des coupes dans ladite révolution et la marche des coupes dans les révolutions ultérieures, je suis convaincu que de toutes lès bases que Ton pourrait imaginer afin d'assurer la régularisation de la forêt, la meilleure, la plus efficace, la plus certaine, consiste dans le tableau des affectations qu'il serait utile de former, si cette forêt était à l'état normal. Je ne crois pas qu'aucune lacune, dans l'état actuel du peuplement, puisse dispenser de cette formation qui est destinée à mettre cons-

DU PLAN D'KXPLOnATION. ai5

iamment sous les yeux des agents d'exécution, le but auquel ils doivent tendre, et qui exemple par conséquent de remplir les procès-verbaux d'aménagement, des nombreuses recommandations qu'on s'est cru jusqu'à présent obligé d'y consigner, au sujet du traitement des parcelles. Toutes ces recommandations, — qu'on y réfléchisse, et on reconnaîtra que j'ai raison, — toutes ces recommandations peuvent être, en général, avantageusement remplacées par la coUocation des différentes parcelles dans les affectations normales des périodes. Cette coUocation indiquant, d'une manière précise, la classe d'âge dont une parcelle est appelée à faire partie, la fonction qu'elle aura à remplir dans l'aménagement définitif, indique en même temps quels sont les soins qu'il faut lui donner, pour la transformer de la façon la plus convenable; et si Ton admet, ce qui doit être, que les agents d'exécution connaissent les principes de la culture, il n'est pas nécessaire de leur dire, dans le cahier d'aménagement, la manière dont ils auront à faire les balivages, les semis, les plantations, etc., pour atteindre le but que l'on se propose.

Une dernière observation achèvera, je le pense, de lever toute incertitude sur Futilité et la possibilité de cette formation préalable des affectations normales : c'est qu'après tout, lorsqu'elle n'existe pas sur le terrain et sur le papier, il faut bien cependan t l'avoir dans la tête, quand on procède à la régularisation d'une forêt, n'aurait-on a y faire que des éclaircies; car enfin, en réalité, quel que soit l'état d'un massif que l'on veut aménager, l'aménagement

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consisle dans un travail de transformation qui peul sans doute être plus ou moins difficile, plus ou moins compliqué, plus ou moins long; mais qui ne cesse pas d'avoir le même objectif, de tendre exactement h la même fin, et qui comporte en conséquence la même méthode et la même base. Cette base, c'est le tableau des affectations normales; cette méthode, c'est la subordination du caractère des exploitations, à la place qu'occupentlesparcellesdansledit tableau. Ce sont là des idées qui sembleront peut-être trop absolues, je le crains. Trop absolues, soit : nous faisons de la théorie, et par conséquent nous visons à l'absolu. Sont-elles justes? sont-elles vraies? sontelles propres à apporter la lumière et Tunité dans les travaux d'aménagement ? Telle est la question.

A mes yeux, les aménagements, proprement dits, les transformations, les conversions, rentrent dans le même genre d'opérations. Toutes ces opérations peuvent différer par quelques expédients, jamais par les moyens fondamentaux ; et il me parait nécessaire qu'on puisse reconnaître, retrouver dans les plans qui les résument, les principes essentiels que nous avons essayé d'analyser.

Eh quoi 1 dira-t-on peut-être, vous voulez assujettir la transformation d'un massif composé d'arbres de 20 à 40 ans, entremêlés, aux mêmes règlements, au même plan que l'aménagement d'une forêt, qui contiendrait toutes les classes d'âge nécessaires, pour qu'on pût y entreprendre et y continuer des coupes de régénération ?

Oui, c'est là ce que je demande, et je pense même

que cela est indispensable, pour que Ton ne soil pas privé du seul guide, propre à assurer la marche de la transformation, du massif que Ton vient de prendre pour exemple. En effet, cette transformation doit lendre, sous peine de manquer un des buts principaux de la culture des bois, h créer dans le massif en question, une gradation d*âge qui permette d'en retirer un jour le rapport soutenu le plus avantageux. Mais il s'agit alors de faire un aménagement ou d'en préparer au moins les éléments; or, pour cela, il faut évidemment se fixer sur l'âge d'exploilabilité, sur la durée de la révolution définitive, sur le sens dans lequel il importe que les classes d'âge se suivent; car, autrement, on ne saurait quels sont les sujets qu'il convient de conserver, ceux qu'il y a lieu d'abattre, etc. Bien que les opérations possibles actuellement ne soient que des éclaircies, on s'exposerait à compromettre, par la manière de les effectuer, la formation des classes d'âge.

Admettez, au contraire, que la révolution définitive devant être de 100 ans et les périodes de 20, on ait partagé le massif en cinq parties d'égale productivité, et indiqué la période dans laquelle il serait désirable que chacune d'elles pût être régénérée, alors les agents d'exécution sauront, en procédant aux éclaircies : qu'ici il faut ménager les bois de iOans; que là on doit les sacrifier; et, quand arrivera l'époque à laquelle pourront commencer les coupes de régénération, la forêt sera susceptible d'un rapport annuel.

Le tableau des affectations normales étant arrêté.

examinons comment on règle les exploitations, dans les forêts auxquelles on est obligé d'appliquer une révolution principale transitoire ou une révolution préparatoire*.

On peut être conduit à adopter une révolution transitoire, lorsque l'âge trop avancé des massifs les plus jeunes ne permet pas de les laisser sur pied jusqu'à la fin de la révolution normale; et une révolution préparatoire, lorsque l'âge trop peu avancé des massifs les plus vieux ne permet pas de les exploiter immédiatement.

ARTICLE II

DES RèOLBMENTS l/EXPLOnATION, DANS LE CAS OU l'aOE TROP AVANCE DES MASSIFS LES PLUS JEUNES, NE PERMET PAS DE LES LAISSER St7R PIBD /CSQr*A LA FIN DK LA RÉVOLUTION NORMALE.

Quand on a partagé la révolution normale en un certain nombre de périodes, ouvert à chacune d'elles une colonne spéciale et classé, d'après les exigences de Texploitabilité et des règles d'assiette, les différentes parcelles dont se compose la forêt, il est aisé de reconnaître dans quelle mesure les jeunes bois font défaut, et de déterminer par conséquent le temps dont il est nécessaire de raccourcir la durée de la révolution principale définitive, pour assurer

1. Nous avons vu que l*àge d'exploitabilité n'était pas susceptible d'une détermination bien rigoureuse. Pour qu'une révolution puisse; être qualifiée de transitoire, il faut donc qu'elle diffère beaucoup do celle que comporterait la longévité des ewences.

la conlinuilé des exploitations annuelles. Ce temps dépend des sacrifices que Ton est disposé à s'imposer sur l'accroissement, et surtout de la longévité des essences. La perle qui résulte du maintien des bois au delà de Tâge d'exploitabilité, est bien rarement assez manifeste pour motiver le raccourcissement d'une révolution. La longévité des essences est d'autre part assez grande, en général, pourque Ton puisse sans inconvénients, les laisser sur pied jusqu'au delà du terme fixé par leur exploitabilité ; et ce n'est en conséquence que dans des circonstances exceptionnelles que se présentera l'impossibilité de remplir, avec l'excédant des classes d'âge les plus âgées, les lacunes que pourraient présenter les classes les plus jeunes. Admettons cependant que les deux'dernières classes fassent défaut, et qu'il soit nécessaire d'y suppléer, au moins en partie, afin que les bois qui devrontêtre immédiatement régénérés, aient le temps de redevenir exploitables sans trop de préjudice, pour le commencement de la révolution suivante ; admettons d'un autre côté, qu'à raison de la maturité des bois les moins âgés, il y ait danger à prolonger de plus d'une période, le temps pendant lequel ils devraient, d'après leur âge, rester sur pied. Dans cette hypothèse, la durée de la révolution principale transitoire sera plus courte que celle de la révolution définitive, d'un temps égal à la durée d'une période, et si la révolution normale est de 100 ans, la période de 20, la révolution transitoire devra être fixée à 80 ans.

Celle fixation de la révolution transitoire est la

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seule opération embarrassante et délicate, dans Tolude du plan d'exploitation des forêts non susceptibles d'être soumises à une révolution définitive. Quand la révolution est arrêtée, on procède au règlement des exploitations, tant par période que par année, qui est destiné à compléter le plan d'exploitation, en suivant absolument les mêmes règles, que s'il s'agissait d'une forêt où toutes les classes d*Age seraient représentées ^

ARTICLE III

DES RÈOLBHBNTS D'KXPLOnATION, DANS LE CAS OU l'aOE TROP PKU AVANCÉ DES MASSIFS LES PLUS VIEUX, NE PERMET PAS DE LES RiOÉNÉRER ISM<- DfATBHENT.

S'il y a rarement de grands inconvénients à laisser des bois dépasser l'âge normal de leur exploitabilité; si la limite d'âge supérieure jusqu'à laquelle on peut les pousser, est difficile à préciser, on perd au contraire beaucoup à les exploiter avant leur maturité, et l'âge minimum qu'on peut adopter pour leur

1. La période de la révolution transitoire étant de 20 ans, comine celle de la révolution définitive, et je ne vois pas de raison pour qu'il en fût autrement, on régénérerait :

Dans la !'« période de la révolution transitoire, la i^ affectation et le 1/4 de la 2»;

Dans la 2« période de la révolution transitoire, 3/4 de la 2«, et 1/2 de la3«;

Dans la 3< période de la révolution transitoire, 1 /2 de la 3« et 3/4 de la 4»;

Dans la 4« période de la même révolution, 1/4 de la 4« affectation et toute la 5«. (Note de la 2« édition.)

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régénération, est celui auquel ils produisent des semences fertiles.

Il est évident par exemple que si, dans une forêt de bois feuillus, les peuplements les plus âgés n'avaient que 40 ans, il faudrait avant de les exploiter en coupes de régénération, attendre au moins 40 ans, et se borner pendant ces 40 ans, à les éclaircir.

Ce laps de temps est ce que j'appelle une révolution préparatoire, parce que ce moi préparatoire indique bien la nature et le but des coupes à faire, avant que Ton puisse entamer la régénération. Le règlement de ces coupes sera d'ailleurs facile à présenter : on divisera la révolution préparatoire en autant de parties qu'il faudra renouveler de fois la coupe préparatoire, c'est-à-dire Féclaircie, sur un même point • en deux par exemple, si la rotation des coupes de Tespèce est fixée à 20 ans ; et toutes les parcelles à éclaircir pendant chaque rotation, seront groupées en une ou deux séries, suivant les circonstances. — Je dis les parcelles à éclaircir, car il se pourrait qu'il y en eût à exploiter en taillis.

A l'expiration de la révolution préparatoire, la forêt sera dans des conditions analogues à celles que nous avons supposées dans l'article précédent.

Le modèle que j'ai donné, page 313, pour les coupes par contenance à faire pendant la première période, dans une forêt qui aurait toutes ses classes d'âge, servira à dresser le tableau général des exploitations, pendant la révolution préparatoire. Quant au tableau spécial, il n'est pas nécessaire, à moins que la révolution préparatoire ne comprenne

AMKNAOEMRXT DES FORETS. 21

322 AMK.NAGKMK.NT DES FORETS.

plus de deux périodes, el, dans ce cas, on prendra le même cadre, modifié conformément à la note inscrite au bas du modèle précité.

Si on a bien compris les exemples qui précèdenl, on ne devra éprouver aucun embarras, pour la formation du plan d'exploitation des forêts irrégulières, quels que soient les caractères particuliers qu'elles présentent. Les cadres que j'ai proposés se prêtent, je crois, et nous allons d'ailleurs en faire l'essai, à toutes les combinaisons auxquelles la conversion ou la transformation des forêls en futaies régulières peut donner lieu.

Ces cadres me paraissent surtout recommandables, parce qu'ils dispensent d'énoncer les règles de culture propres à assurer le succès de l'aménagement. Maintenant, qu'on y ajoute, si l'on veut, à propos de ces règles, quelques notes complémentaires explicatives, — je ne m'y oppose pas; abondance de bien ne saurait nuire ; mais on peut s'en passer, si Ton a affaire à des agents intelligents, instruits et observateurs. Dans le cas contraire, on peut être assuré que les aménagements, de quelque façon qu'ils soient exposés, ne seront jamais exécutés.

CHAPITHE VII

DU PLAN d'exploitation DES TAILLIS COMPOSES A CONVERTIR

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